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vendredi 4 juillet 2014

Meilleur album jazz 2014

Jazz
Vous allez me dire que l'année 2014 est loin d'être finie, mais ça fait tellement longtemps que je n'ai pas entendu un album aussi brillant que je doute que les 6 mois à venir me réserve une surprise. Donc j'ai décidé en accord avec moi même et par adoption de ma voix à l'unanimité que Gaël Horellou avec Legacy serait le gagnant de la catégorie meilleur album jazz 2014.
Ma première "rencontre" avec Gaël Horellou date d'une bonne quinzaine d'année, à l'époque un ami saxophoniste Greg, me parle en ces termes d'un altiste issu de sa ville natale Caen: " il déchire ce gars, en plus il s'intéresse beaucoup aux musiques électroniques, ...". J'avoue qu'à l'époque, je n'avais pas trop accroché à son travail pour Cosmik Connection.
Mais je doit bien reconnaître que la ville de Caen était devenue depuis indissociable de ce saxophoniste.Le début du mois de juin étant le théatre des cérémonies pour le d-day, les projecteurs se sont à nouveau braqué sur cette ville, me faisant penser irrémédiablement à Gaël Horellou qui avait sorti début 2014 un album live enregistré au Duc des Lombards: Legacy.
L'album arrive par la poste et au déballage je suis un peu déçu, la conception graphique du titre est sympa mais les photos sont mal agencées et il n'y a pas de livret. Le digipack de base, signe d'un manque d'argent dans la production. Ce constat fait, les minutes de Legacy défilent sur la platine et l'introduction lancinante de Clifford Jordan met mes sens en éveil. Le thème, dynamique, se lance vers 2 minutes et c'est le premier solo de saxophone de l'album. La virtuosité et l'expressivité sont au rendez-vous. Les compositions sont toutes de Gaël Horellou mais c'est avec Jackie McLean qu'il signe son plus beau morceau. Le travail d'harmonie, la rythmique soutenue par le trio Déconfin au piano, Viktor Nyberg à la contrebasse et Antoine Paganotti à la batterie sont de très haut niveau. Le solo d'Horellou est exceptionnel.
Berchida's Song, une balade, nous rapproche des standards du jazz des années 60. Le pianiste Etienne Déconfin prend le chorus après les deux saxophonistes et reste assez classique dans son improvisation. Saint Leu monte le métronome dans les tempi, et le pianiste montre l'étendue de son talent. Ce morceau laisse aussi un espace à Viktor Nyberg et Antoine Paganotti pour nous faire entendre leur dextérité.
Legacy se termine sur Palace Special aux accents de blues. Pas de solo d'alto ou de ténor, c'est la contrebasse qui s'octroie la part du roi. J'aurai bien aimé un duo de saxophones pour finir, mais le morceau aurait duré comme les autres un quart d'heure et le Horellou Band ne voulait peut-être pas lasser son auditoire.
Avec Legacy, Gaël Horellou nous présente des compositions toujours mélodiques, ou le travail d'arrangement est précis. Ecoutez les chants et contre-chants entre les deux saxophones sur les thèmes. Cet hommage aux pairs du jazz est très bien rendu, et que ce soit Abraham Burton ou Gaël Horellou, ils défendent ardemment une musique moderne et entraînante. Les soli sont très bien construits et digne des plus grands. 
En 2001, Chris Potter sortait son album Gratitude, dans lequel il rendait lui aussi hommage à ses pairs. Cet album incontournable, fut le premier pour le label Verve et lui ouvrit les portes du jazz mondial comme leader et compositeur.
Legacy présente par la voix d'un altiste hors-pair en la personne de Gaël Horellou un hommage différent mais tout aussi respectueux.
J'espère que cet album, peut-être dans une moindre mesure, apportera le succès au caennais. Car ce serait bien de faire quelque chose pour la pochette...
Alors mesdames et messieurs les organisateurs de festivals, à vos agendas, ce quintet ne peut pas passer à la trappe.
Note: 16/20
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mercredi 11 juin 2014

Made In France

Pop Française
Non, vous ne rêvez pas, je vais vous parler de pop française. Ce n'est pas anodin puisque ma discothèque en français ne doit même pas représenter 5% de mes disques. Mis à part l'intégrale de Gainsbourg, Métronomie de Ferrer et 1 ou 2 albums de Mathieu Chédid, je dois bien reconnaître que les chansons en français ne m'intéressent pas beaucoup.
Mais Gaëtan Roussel est un malin, révélé par le groupe Louise Attaque qui connut un succès exceptionnel avec le premier album éponyme, il sait faire des tubes. C'est en véritable hitmaker qu'il publia en solo son premier album Ginger sorti en 2010 et qui connut un beau succès.
Avec Orpailleur, Roussel reprend les recettes de son succès, des mélodies faciles à retenir et répétées, des textes délicats et une musique simple. Ne cherchez pas ici 3 guitares, 2 claviers et une section de cuivre. Dans quelques morceaux, des cordes viennent se frotter à la mélodie mais toujours de manière délicate, pas de façon belliqueuse comme les violons de Prokofiev dans Roméo et Juliette.
Cette simplicité du line-up s'apparente presque à du Lo-fi dans certaine chanson, la volonté du compositeur devant être de laisser le texte et le chant primer.
Orpailleur commence avec un tube : La Simplicité, les choeurs féminin font merveille. Ce titre me fait l'impression d'être un contre-point à la dernière chanson de l'album La Barbarie dont le texte magnifique, décrit sans jamais le dire le titre. Au contraire, dans La Simplicité, les chœurs martèlent le titre tout au long de la chanson. Éolienne est le premier single extrait de Orpailleur, le titre est plus produit et les chœurs sont encore de la partie. L'ambiance dub est au rendez-vous sur le titre suivant Par-dessus Tes Epaules. Le rythme s'emballe sur Cha Cha Cha avec un break digne des dancefloors. Ballade, La Poésie reste plus classique même si le texte est bien trouvé. Musicalement et surtout au niveau de la section rythmique, j'aurai préféré quelque chose de plus abouti. Orpailleur retrouve les rythmes propres à la danse. Le rock fait son apparition sur Matrice et son riff de guitare. Avec Hum Hum Hum, on se rappelle Louise Attaque mélangé à une rythmique électro.
Face Aux Etoiles, We Will Be Strong ne sont pas au même niveau que les autres morceaux, décevant pour la fin de l'album.
Mais Orpailleur révèle sa pépite sur le dernier titre La Barbarie que j'ai déjà évoqué plus haut.
L'écoute d'Orpailleur donne envie d'aller voir Gaëtan Roussel défendre sur scène cet album. Les festivals d'été commençant bientôt, vous pourrez à coup sûr trouver sur les routes de France ce chercheur de pépite émérite.
Note: 12/20
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mardi 3 juin 2014

Haaa la trompette dans le jazz

Jazz
Le trompettiste Ibrahim Maalouf, fort d'une carrière déjà importante en tant que compositeur et instrumentiste pour nombre d'artistes, sort fin d'année 2013 son cinquième album en tant que leader : Illusions.
Cet enregistrement reprend la recette d'un jazz mâtiné de musique orientale. Les origines libanaises du trompettiste enrichissant ses compositions musicales. Mais avec Illusions, Ibrahim Maalouf, va un peu plus loin dans le jazz fusion et même sur certains morceaux dans le funk.
La sauce prend bien et les 9 morceaux de Illusions sont dans l'ensemble assez bons. Le compositeur va du début à la fin de l'enregistrement travailler un thème en l'exposant différemment, en ne prenant qu'une partie d'un motif, en étirant une autre, à la manière des compositeurs de musique de film. Est-ce son travail sur la bande originale du film Yves St Laurent qui lui a donné cette envie ?
Illusions est présenté dans un coffret cartonné contenant un digipack de l'album, des cartes postales et un livret. Très bel objet illustré par les photos de Denis Rouvre ainsi que dans le livret celles de Malena Marquez. Cette dernière ayant photographié les sessions d'enregistrement. Un grand soin a été apporté à l'élaboration de ce coffret et c'est appréciable.
Après Illusions qui ouvre l'album de manière crescendo avec la guitare en point d'orgue, Conspiracy Generation avec son thème sombre joué par un ensemble de cuivre entame l'exposition des thèmes et motifs que Maalouf va reprendre tout au long de l'album.
In Pressi me rappelle par son thème avec réponse le jeu des cuivres dans les balkans. On retrouve cette construction sur Nomade Slang. Busy commence assez lentement puis s'oriente progressivement vers une improvisation free. Vu et revu et sans grand intérêt.
Le tempo s'agite sur If You Wanna Be A Woman avec Franck Woeste au clavier et Xavier Rogé à la batterie qui essayent de contenir les rugissants cuivres. A noter le solo de basse de Laurent David et celui de Maalouf qui doit être le plus technique de l'album. Morceau très bien composé et interprété.
Bien malin celui qui reconnaîtra la chanteuse à l'origine du tube suivant. En effet Unfaithfull est la reprise de la chanson de Rihanna. J'aime bien le principe, c'est assez réussi même si le thème à la trompette reste en dessous du reste de l'album, les arrangements viennent combler ce manque. True Sorry vient conclure le mouvement de Illusions et Conspiracy Generation. Ce titre passe assez souvent sur TSF Jazz et  c'est lui qui m'a donné envie d'acheter Illusions.
Petit cadeau pour finir l'album avec un funk de très bonne facture: Illusion, dans lequel le guitariste François Delporte s'en donne à cœur joie.
Illusions est un album vraiment appréciable et si les soli de Ibrahim Maalouf ne rivalisent pas avec la jeune garde mené par un Ambrose Akinmusire, on doit lui reconnaître un talent de composition indéniable.
Cet enregistrement nous donne un jazz un peu différent du mainstream mais pas gadget pour autant.
N'hésitez pas à vous procurer Illusions, les bons moments à l'écouter ne seront pas des mirages.
Note: 14/20
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mercredi 21 mai 2014

Peut mieux faire

Electro
Les plus jeunes n'ont certainement pas connu le temps ou pour jouer à des jeux vidéos, on se rendait dans des endroits dédiés ou parfois des bars. Plus adepte des flippers, il y a au moins 1 jeu d'arcade auquel j'étais accroc et c'était Outrun. Le scenario du jeu consistait à rallier le plus vite possible un lieu en échappant à la police. Tout cela au volant d'une testarossa et accompagné d'une jolie blonde. Encore faut-il avoir de l'imagination pour la beauté de la blonde car ce n'était finalement qu'un tas de pixels. Seul un bar de Limoges, place Jourdan, proposait ce jeu. J'ai usé mes fonds de culotte devant cet écran, ruinant mes maigres économies. La nostalgie des années 80 était moins musicale que sentimentale. Car si je garde d'assez bons souvenirs de ces années, ce n'est pas sur le plan musical. En effet on ne peut pas dire que les musiciens de cette époque aient sorti beaucoup d'albums impérissables.
Kavinsky artiste électro reprend à son compte l'univers du jeu Outrun et sort fin 2013 un album logiquement intitulé Outrun. La pochette dans le style affiche de film renvoie à la thématique de la bande originale. C'est l'esprit de l'album, aux ambiances cinématiques et à la musique imprégnée des années 80.
Passé Prélude, Blizzard et Protovision qui sonnent outrageusement comme Justice, viens Odd Look avec une séquence entêtante, mais le chant bidouillé donne l'impression d'écouter un troll. L'usage du vocoder n'est pas forcément de bon aloi. Après Rampage encore emprunté à Justice, un rap de bonne facture redore le blason de ce Kavinsky assez peu inspiré jusqu’à présent.
Avec Testarossa Autodrive, on tient enfin le tube électro, punchy comme les chevaux sous le capot d'une Ferrari. Le tube commercial sera le titre suivant Nightcall, qui doit sans doute sa popularité à des arrangements commerciaux entre producteurs. La séquence est simpliste, le chant vocodé vu et revu et surtout lorsque la voix de Lovefoxx arrive, on croirait entendre Sandra, star allemande des années 80, entonnant son tube Heaven Can Wait. Pour moi ce titre est vraiment mauvais.
Les morceaux suivants: Dead Cruiser, Grand Canyon, montrent la capacité de Kavinsky à créer des morceaux qui ne sont pas du Justice ou de la guimauve 80. Après First Blood, morceau de pop fm assez classique, Roadgame est à mon goût le meilleur titre de l'album. La séquence de cordes envoutante, le piano percutant, tout concorde pour faire de ce titre un tube. Outrun se finit par Endless a l'influence évidente de Giorgio Moroder.
Vous l'aurez compris, Kavinsky me déçoit avec Outrun. L'album est bien réalisé, l'idée d'une bande originale est assez futée, mais les emprunts à Justice sont trop présents. En 2013, les vocoders de Daft Punk sont périmés, le revival année 80 n'apporte rien d'essentiel à la musique, bref, ... Il faut évoluer !
En somme beaucoup d'erreur mais Kavinsky dispose d'une vrai talent quand il compose des morceaux comme Roadgame, donc il peut à coup sûr faire un enregistrement de qualité. Laissons le temps faire son œuvre...
Note: 10/20
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jeudi 15 mai 2014

Le côté sauvage ...

Rock
Il existe des enregistrements mythiques qui traversent les années sans prendre une ride (désolé). On ne peut pas savoir à l'avance ce que donnera tel ou tel album. Les musiciens peuvent être au top, les compositions fouillées et les textes ciselés, il y a aussi le paramètre chance qu'il ne faut pas oublier.
Bon nombre de compositions exceptionnelles n'ont pas connu l'aura de la gloire pour un simple rendez-vous manqué avec le public et parfois même en amont avec le producteur.
Ce rendez-vous, Lou Reed ne le manque pas avec l'album Transformer. Bons musiciens, textes mêlant provocation et mélancolie, compositions rock intemporelles et production par l'homme du moment, à savoir David Bowie.
Bowie est auréolé de sa première place dans les charts anglais avec Space Oddity et sort le légendaire Ziggy Stardust quelques mois avant l'album de Lou Reed. L'année 1972 est donc très chargée pour le "Thin White Duke" puisque hormis ses projets personnels, il produit pour la première fois. Ainsi ce n'est pas un album mais deux qu'il va réaliser, puisqu'à Transformer il convient d'ajouter All The Young Dudes par le groupe Mott The Hoople. Ce dernier enregistrement contient le tube éponyme ainsi que Suffragette City. Le succès de ces 2 albums est remarquable, Bowie tel un roi Midas transforme en or tout ce qu'il touche...
Bowie, par sa connaissance des attentes du public à permis à Lou Reed de rencontrer un succès qui n'aurait certainement pas été aussi phénoménal avec un autre producteur.
Transformer commence fort avec le tube Vicious et son riff acéré de guitare électrique. Après les chœurs de Andy's Chest, c'est le piano et les cordes de Perfect Day qui nous attirent dans une douce mélancolie. Ce titre est superbe et permettra à Lou Reed avec Satellite Of Love et bien entendu Walk On The Wild Side de passer à la postérité.
Le punchy mais plus classique Hangin' 'Round laisse place au tube planétaire Walk On The Wild Side avec sa ligne de basse reconnaissable entre mille, cette histoire chantée à la limite du parlé, ce gimmick vocal et le superbe solo de saxophone de Ronnie Ross. Il faut noter que c'est David Bowie qui invite Ronnie Ross sur l'album. Ross était le professeur de saxophone de Bowie quand il intégra son premier groupe.
Après Make Up dans lequel Lou Reed profite du contrechant d'un tuba, c'est le retour des chœurs et du piano pour un autre morceau d'anthologie: Satellite Of Love. Transformer se poursuit avec Wagon Wheel et son riff assez classique. Le côté théâtrale des chansons de l'époque fait son apparition avec New York Telephone Conversation, titre le plus court de l'album. I'm So Free pose les jalons d'un rock plus standard et enfin Goodnight Ladies élargit la palette du chanteur à une couleur jazzy.
Transformer est un album à ne pas manquer, il brille au firmament des classiques du rock.
Si Lou Reed décédé en 2013 a été un artiste incontournable du rock, il a aussi réussi à laisser son empreinte au cinéma grâce à une interprétation que j'adore dans le film de Paul Auster et Wayne Wang : Brooklyn Boogie.
Note: 18/20
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lundi 12 mai 2014

De l'importance des danseuses !

World Music
Concert de Femi Kuti au centre culturel John Lennon. Il est venu avec son groupe The Positive Force défendre sur scène son dernier opus: No Place For My Dream. Cet album est placé sous le signe d'un retour à l'afrobeat créé par son père et défendu avec force conviction par Femi Kuti. Ainsi pour notre plus grand plaisir le multi instrumentiste délaisse les claviers au profit du saxophone.
Chose inhabituelle pour la salle John Lennon, le concert n'est pas précédé d'une première partie et surtout commence à l'heure exacte.
Votre serviteur se retrouvant du coup à la bourre et loupant les premières minutes du concert...
La majorité des spectateurs faisant comme moi, le début du live se fait devant une salle à moitié vide !
Beaucoup de monde sur scène, un clavier, une section de cuivres avec trompette, sax ténor, sax baryton, un guitariste, un bassiste, un percussionniste,un batteur, Femi Kuti et 3 danseuses.
Et même si Femi Kuti monopolise l'attention en chantant et en battant la mesure avec son bras comme s'il venait de prendre une décharge électrique, mon regard se porte invariablement sur les danseuses.
Car il faut bien reconnaître que la suggestivité des danses ne pouvait pas laisser de marbre tout homme normalement constitué. Un simple regard dans l'assistance masculine permettait de voir ici une bouche à demi ouverte, ici une gesticulation ressemblant vaguement à un pas de danse pour attirer le regard des belles...
Cette constatation m'amena à reconsidérer tout le succès des années disco, avec en ligne de mire Claude François. Son plébiscite aurait-il été aussi important sans les claudettes ? Car finalement, aller voir Cloclo en concert permettait à madame de danser et à monsieur de se rincer l’œil !
Si le funk a écoulé plus d'une pochette érotique (Ohio Players, Donald Byrd, ...), le rap à surexploité ce filon de " mais non chérie, ce sont la musique et les textes qui m'intéressent".
Et si la nudité et les poses lascives font vendre, c'est aujourd'hui l'interprète et plus les danseuses ou danseurs qui doivent passer à la cabine de déshabillage. Qui plus est quand on est star de la pop comme Rihana, Beyoncé, ... et bien entendu leurs grand-mère Madonna et Minogue en tête.
Mon regard occupé, mes oreilles, elles, ne perdaient pas une miette du show. Bonne sonorisation ce qui n'était pas évident avec tout ce monde mais quelques problèmes de larsen dans le micro voix, rien d'important.
Femi laisse les nappes d'orgues hammond au profit du saxophone en enchaînant dès les premières mesures une démonstration de respiration continue. Cette technique inspirée par la pratique du yoga, permet de continuer de souffler dans le saxophone tout en reprenant son aspiration. Ainsi le son est continu, on appelle cette technique en anglais "the circular breath". Cette technique n'a pas de réel intérêt pour le jeu, elle sert plus de démonstration. Assez difficile à produire, la respiration continue a été utilisé dans les années 60 par les plus grand jazzmen. Mais il ne s'agissait pas réellement d'une nouvelle façon de jouer car faire des phrases mélodiques de plus de 30 secondes n'a pas d'importance. C'était une manière de travailler la spiritualité au travers de l'instrument en associant la respiration, la composition et la musique.
Mais revenons au concert où les cuivres balancent des thèmes percutants typiques de l'afrobeat et sont assez bien sonorisés même si on décèle une légère saturation. Cette dernière est à mon avis due à l'usage de micros trop sensibles à la pression dynamique mais mon éloignement ne m'a pas permis de voir de quels modèles il s'agissait.
Femi Kuti dispose d'un electrovoice RE20 qui est parfait pour sonoriser les différents saxophones qu'il va jouer. Le fils de Fela alterne ses tubes Day By Day, Fight To Win,... avec les titres de No Place For My Dream.
Le spectacle est agréable, mais c'est dommage que seuls Femi Kuti et le guitariste prennent des soli. Pour ne pas oublier son côté engagé, Kuti réaffirme sa position sur la fin du droit de véto aux nations unies et que chaque pays puisse disposer d'un vote.
La majorité des spectateurs applaudit sans réellement comprendre ce que dit le chanteur... C'est l'exception culturelle française ! Chaque fois qu'un chanteur harangue les foules en anglais, les français disent tous en coeur "Yeah !", vous pouvez faire l'expérience si vous jouez devant un public important dites des phrases débiles comme " I want to eat something", "Brian is in the kitchen",  c'est très drôle...
En conclusion le concert valait le déplacement, Femi Kuti, dans la lignée de son père est revenu à ses premières inspirations plus afrobeat que world music. Le saxophone est omniprésent pendant le concert, mais même si Femi Kuti a trouvé un son très personnel, ses soli restent assez simples. Bon saxophoniste, ses compositions font la part belle au chant, mélodies, textes et l'improvisation en pâtit.
Un concert plus world music que jazz mais le plaisir de voir un grand ensemble de musiciens est toujours au rendez-vous surtout quand les danseuses sont là...
Note: 13/20
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mercredi 30 avril 2014

Destination amérique latine

Jazz
Du jazz un peu différent aujourd'hui avec un groupe canadien: The Souljazz Orchestra. C'est par l'afro-beat que le groupe a commencé et c'est grâce au célèbre "crate digger" londonien, Gilles Peterson que je découvrit en 2006 le single Mista President. L'album qui suivi, Freedom No Go Die reste d'ailleurs en bonne position dans ma playlist hebdomadaire. Mais le groupe ne restera pas enfermé dans un style musical et avec Rising Sun en 2010, s'ouvrira aux musiques d'extrême orient, devenant le passeur d'une musique world jazz. La puissance des cuivres servant les thèmes écrits par le vibraphoniste Pierre Chrétien.
Avec Inner Fire on retrouve l'écriture de Rising Sun mais c'est un voyage au coeur de l'Amérique latine que nous propose le combo canadien.
Le son, les structures des morceaux et les compositions ressemblent beaucoup à Rising Sun, on pourrait y voir une suite. Ainsi, dans la structure de Inner Fire, le morceau d'intro Initiation et le morceau suivant Kingdom Come sont étrangement similaires au début de Rising Sun.
C'est un peu le point négatif de cet album, ceux qui connaissent la discographie de Souljazz Orchestra peuvent trouver une redite des albums précédents même si dans les compositions d'Inner Fire on trouve quelques innovations.
Sur Inner Fire, on trouve des compositions agréables mais on se confronte à une impression d'avoir déjà entendu l'album tant les points communs avec la discographie du groupe sont nombreux.
On relèvera tout de même le très jazz As The Crow Flies, le latino Agoya et le soul Celestial Blues avec son intro de basse et un style se rapprochant des meilleurs productions Us3, Guru, ...
Ces morceaux sortent des sentiers battus pour le Souljazz Orchestra et innovent en terme de son, composition et structure.
En conclusion Inner Fire est un bon enregistrement, qui devrait recevoir un accueil chaleureux de la part des mélomanes ne connaissant pas la discographie du groupe.
Pour ceux qui suivent Souljazz Orchestra depuis longtemps, Inner Fire se place en dessous de Rising Sun et perd de la fraîcheur du premier opus.
Cependant l'album reste agréable, avec de bon soli et permet de s'ouvrir à un jazz moins hermétique avec des couleurs world music enrichissantes.
Note: 12/20
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dimanche 23 mars 2014

BAM ou JAZZ

Jazz
Encore un concert de jazz durant ce mois de mars. Là il s'agit d'un duo composé de la star montante du jazz hexagonal Vincent Peirani et du vieux briscard Michel Portal.
J'appréhendai un peu le concert car je doit bien reconnaître que l'accordéon que j'ai pu pratiquer dans ma jeunesse ne m’apparaissait pas très jazzy. Et puis finalement qu'est ce que le jazz ? Une musique issue de la culture noire américaine que défend Nicholas Payton avec son fameux BAM (Black American Music) et qu'il veut imposer en lieu et place du mot jazz. Ou bien simplement une musique improvisée ou se mêlent les cultures et les personnalités de chaque musicien ? La musique n'a pas de couleur de peau, pas d'age, pas de frontière, elle représente un trait d'union entre des personnes d'une même sensibilité. Le jazz est un langage, et les noirs américains ont contribué à le faire évoluer, mais ce ne sont pas les seuls et il serait réducteur de n'identifier le jazz que par leurs apports. 
Alors oui on peut faire du jazz avec un accordéon, avec une cornemuse, avec une vielle à roue et même une poele à frire, du moment que l'on parle le jazz...
Donc pour moi ce ne sera pas BAM mais Jazz car l'Europe existe aussi et en tout cas l'un des grands contributeurs actuels au jazz européen est certainement Michel Portal avec une carrière aussi longue que le fleuve amazone.
Les 2 compères arrivent sur scène, l'écart d'age de ce couple étant proportionnel à l'écart de taille. Ce détail donne un tour sympathique aux premiers échanges avec le public.
Le concert commence par un morceau de l'accordéoniste. Après quelques mesures, Peirani attend que Portal entame son chorus, mais le clarinettiste est à ses pensées, et ne fait pas attention. Moment de doute sur quelques mesures mais que l'ensemble de l'assistance n'a pas connu.
Dès ce morceau , je suis rassuré sur l'accordéon, que ce soit dans la manière de jouer de Peirani, dans les sons qu'il utilise pour exposer les thèmes, ou prendre des soli, tout est délicat et subtile.
Le deuxième morceau de Portal met la barre plus haute, que ce soit dans la composition ou dans les soli, les 2 musiciens mouillent la chemise, le plaisir est au rendez-vous.
Portal nous sert quelques séances de cabotinage avec le public, confortant le capital sympathie du duo.
Le set se déroule avec de belles performances de la part des deux instrumentistes, cependant, je n'arrive pas à accrocher sur la valse que Vincent Peirani a composé pour Michel Portal et le célèbre tube de l'accordéon Indifférence de Tony Murena.
C'est là où j'estime qu'il y a une limite, l'accordéoniste est un virtuose, mais sur des compositions ou dans des interprétations de morceaux " d'accordéonistes" il n'arrive pas à imposer ce langage propre au jazz sur des tourneries populaires à 3 temps. Des grands noms ont réussi à s'approprier la valse et en faire un vrai moment de jazz, Dave Brubeck, John Coltrane, Wayne Shorter, ...
Ce défaut de jeunesse ne doit en aucun cas occulter le talent de Peirani qui va certainement engranger des expériences et murir dans ses compositions et soli.
Très beau moment avec la reprise de Dancers In Love de Duke Ellington, tempo ralenti mais connivence affichée des deux instrumentistes qui transmettent à l'assistance un bonheur non dissimulé.
Pour conclure un bon moment passé et la découverte d'un jeune talent à suivre: Vincent Peirani.
Note : 15/20
Album de Vincent Peirani 
Page Deezer de Michel Portal 




    

samedi 22 mars 2014

Chi va piano va Machado

Jazz
Concert à La Borie d'un pianiste que je ne connaissais pas du tout: Jean Marie Machado. Ce pianiste qui se produit sur scène depuis plus de 30 ans venait présenter son nouveau projet : Ruffle Swing. Il s'agit d'une formation en trio avec à la contrebasse, Henning Sieverts, et à la batterie François Merville.
Le pianiste à l'air bonhomme et dès les premières mesures, on sent la maîtrise instrumentale. En tant que pianiste, c'est vrai qu'il n y a rien à redire, belle technique, subtilité dans le jeu, maîtrise des pédales et ce que j'apprécie, des chorus mélodiques. Il y a un lyrisme dans le jeu de Machado qui impose le respect, il raconte des histoires et l'auditeur reste suspendu aux notes de son piano.
La section rythmique achève le trait en élargissant la palette sonore du compositeur. Mention spéciale au contrebassiste pour son jeu à l'archer qui était simplement bluffant.
Cependant, autant l'alchimie avec le batteur est certaine, autant avec le contrebassiste, des hésitations se font sentir. Les deux hommes ne se connaissent peut-être pas encore assez bien, et il faut noter que le programme Ruffle Swing n'est pas encore rodé car le trio n'avait joué qu'une ou deux fois avant.
Tout n'est pas rose non plus et c'est vrai que le morceau de rappel qui est un Fado et un morceau plus free en milieu de set m'ont laissé de marbre.
Le morceau free car les musiciens se font plaisir au détriment du public, et le fado car même si c'est honorable pour Machado de défendre ses origines latines, je trouve que le mélange fado jazz qui devrait au final être sympa, ne prends pas. En tout cas ce soir là.
En conclusion belle découverte d'un très bon pianiste.
Si vous voulez écouter Ruffle Swing, il faudra vous armer de patience car Machado joue les sets en live avant de les enregistrer. Donc la tournée ne faisant que commencer, l'enregistrement Ruffle Swing ne risque de sortir qu'au printemps prochain.
Vous pouvez cependant (re)découvrir les qualités indéniables du pianiste sur ses précedents projets.
Note: 14/20
Page Deezer