Electro
Les plus jeunes n'ont certainement pas connu le temps ou pour jouer à des jeux vidéos, on se rendait dans des endroits dédiés ou parfois des bars. Plus adepte des flippers, il y a au moins 1 jeu d'arcade auquel j'étais accroc et c'était Outrun. Le scenario du jeu consistait à rallier le plus vite possible un lieu en échappant à la police. Tout cela au volant d'une testarossa et accompagné d'une jolie blonde. Encore faut-il avoir de l'imagination pour la beauté de la blonde car ce n'était finalement qu'un tas de pixels. Seul un bar de Limoges, place Jourdan, proposait ce jeu. J'ai usé mes fonds de culotte devant cet écran, ruinant mes maigres économies. La nostalgie des années 80 était moins musicale que sentimentale. Car si je garde d'assez bons souvenirs de ces années, ce n'est pas sur le plan musical. En effet on ne peut pas dire que les musiciens de cette époque aient sorti beaucoup d'albums impérissables.
Kavinsky artiste électro reprend à son compte l'univers du jeu Outrun et sort fin 2013 un album logiquement intitulé Outrun. La pochette dans le style affiche de film renvoie à la thématique de la bande originale. C'est l'esprit de l'album, aux ambiances cinématiques et à la musique imprégnée des années 80.
Passé Prélude, Blizzard et Protovision qui sonnent outrageusement comme Justice, viens Odd Look avec une séquence entêtante, mais le chant bidouillé donne l'impression d'écouter un troll. L'usage du vocoder n'est pas forcément de bon aloi. Après Rampage encore emprunté à Justice, un rap de bonne facture redore le blason de ce Kavinsky assez peu inspiré jusqu’à présent.
Avec Testarossa Autodrive, on tient enfin le tube électro, punchy comme les chevaux sous le capot d'une Ferrari. Le tube commercial sera le titre suivant Nightcall, qui doit sans doute sa popularité à des arrangements commerciaux entre producteurs. La séquence est simpliste, le chant vocodé vu et revu et surtout lorsque la voix de Lovefoxx arrive, on croirait entendre Sandra, star allemande des années 80, entonnant son tube Heaven Can Wait. Pour moi ce titre est vraiment mauvais.
Les morceaux suivants: Dead Cruiser, Grand Canyon, montrent la capacité de Kavinsky à créer des morceaux qui ne sont pas du Justice ou de la guimauve 80. Après First Blood, morceau de pop fm assez classique, Roadgame est à mon goût le meilleur titre de l'album. La séquence de cordes envoutante, le piano percutant, tout concorde pour faire de ce titre un tube. Outrun se finit par Endless a l'influence évidente de Giorgio Moroder.
Vous l'aurez compris, Kavinsky me déçoit avec Outrun. L'album est bien réalisé, l'idée d'une bande originale est assez futée, mais les emprunts à Justice sont trop présents. En 2013, les vocoders de Daft Punk sont périmés, le revival année 80 n'apporte rien d'essentiel à la musique, bref, ... Il faut évoluer !
En somme beaucoup d'erreur mais Kavinsky dispose d'une vrai talent quand il compose des morceaux comme Roadgame, donc il peut à coup sûr faire un enregistrement de qualité. Laissons le temps faire son œuvre...
Note: 10/20
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mercredi 21 mai 2014
jeudi 15 mai 2014
Le côté sauvage ...
Il existe des enregistrements mythiques qui traversent les années sans prendre une ride (désolé). On ne peut pas savoir à l'avance ce que donnera tel ou tel album. Les musiciens peuvent être au top, les compositions fouillées et les textes ciselés, il y a aussi le paramètre chance qu'il ne faut pas oublier.
Bon nombre de compositions exceptionnelles n'ont pas connu l'aura de la gloire pour un simple rendez-vous manqué avec le public et parfois même en amont avec le producteur.
Ce rendez-vous, Lou Reed ne le manque pas avec l'album Transformer. Bons musiciens, textes mêlant provocation et mélancolie, compositions rock intemporelles et production par l'homme du moment, à savoir David Bowie.
Bowie est auréolé de sa première place dans les charts anglais avec Space Oddity et sort le légendaire Ziggy Stardust quelques mois avant l'album de Lou Reed. L'année 1972 est donc très chargée pour le "Thin White Duke" puisque hormis ses projets personnels, il produit pour la première fois. Ainsi ce n'est pas un album mais deux qu'il va réaliser, puisqu'à Transformer il convient d'ajouter All The Young Dudes par le groupe Mott The Hoople. Ce dernier enregistrement contient le tube éponyme ainsi que Suffragette City. Le succès de ces 2 albums est remarquable, Bowie tel un roi Midas transforme en or tout ce qu'il touche...
Bowie, par sa connaissance des attentes du public à permis à Lou Reed de rencontrer un succès qui n'aurait certainement pas été aussi phénoménal avec un autre producteur.
Transformer commence fort avec le tube Vicious et son riff acéré de guitare électrique. Après les chœurs de Andy's Chest, c'est le piano et les cordes de Perfect Day qui nous attirent dans une douce mélancolie. Ce titre est superbe et permettra à Lou Reed avec Satellite Of Love et bien entendu Walk On The Wild Side de passer à la postérité.
Le punchy mais plus classique Hangin' 'Round laisse place au tube planétaire Walk On The Wild Side avec sa ligne de basse reconnaissable entre mille, cette histoire chantée à la limite du parlé, ce gimmick vocal et le superbe solo de saxophone de Ronnie Ross. Il faut noter que c'est David Bowie qui invite Ronnie Ross sur l'album. Ross était le professeur de saxophone de Bowie quand il intégra son premier groupe.
Après Make Up dans lequel Lou Reed profite du contrechant d'un tuba, c'est le retour des chœurs et du piano pour un autre morceau d'anthologie: Satellite Of Love. Transformer se poursuit avec Wagon Wheel et son riff assez classique. Le côté théâtrale des chansons de l'époque fait son apparition avec New York Telephone Conversation, titre le plus court de l'album. I'm So Free pose les jalons d'un rock plus standard et enfin Goodnight Ladies élargit la palette du chanteur à une couleur jazzy.
Transformer est un album à ne pas manquer, il brille au firmament des classiques du rock.
Si Lou Reed décédé en 2013 a été un artiste incontournable du rock, il a aussi réussi à laisser son empreinte au cinéma grâce à une interprétation que j'adore dans le film de Paul Auster et Wayne Wang : Brooklyn Boogie.
Note: 18/20
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lundi 12 mai 2014
De l'importance des danseuses !
World Music
Concert de Femi Kuti au centre culturel John Lennon. Il est venu avec son groupe The Positive Force défendre sur scène son dernier opus: No Place For My Dream. Cet album est placé sous le signe d'un retour à l'afrobeat créé par son père et défendu avec force conviction par Femi Kuti. Ainsi pour notre plus grand plaisir le multi instrumentiste délaisse les claviers au profit du saxophone.
Chose inhabituelle pour la salle John Lennon, le concert n'est pas précédé d'une première partie et surtout commence à l'heure exacte.
Votre serviteur se retrouvant du coup à la bourre et loupant les premières minutes du concert...
La majorité des spectateurs faisant comme moi, le début du live se fait devant une salle à moitié vide !
Beaucoup de monde sur scène, un clavier, une section de cuivres avec trompette, sax ténor, sax baryton, un guitariste, un bassiste, un percussionniste,un batteur, Femi Kuti et 3 danseuses.
Et même si Femi Kuti monopolise l'attention en chantant et en battant la mesure avec son bras comme s'il venait de prendre une décharge électrique, mon regard se porte invariablement sur les danseuses.
Car il faut bien reconnaître que la suggestivité des danses ne pouvait pas laisser de marbre tout homme normalement constitué. Un simple regard dans l'assistance masculine permettait de voir ici une bouche à demi ouverte, ici une gesticulation ressemblant vaguement à un pas de danse pour attirer le regard des belles...
Cette constatation m'amena à reconsidérer tout le succès des années disco, avec en ligne de mire Claude François. Son plébiscite aurait-il été aussi important sans les claudettes ? Car finalement, aller voir Cloclo en concert permettait à madame de danser et à monsieur de se rincer l’œil !
Si le funk a écoulé plus d'une pochette érotique (Ohio Players, Donald Byrd, ...), le rap à surexploité ce filon de " mais non chérie, ce sont la musique et les textes qui m'intéressent".
Et si la nudité et les poses lascives font vendre, c'est aujourd'hui l'interprète et plus les danseuses ou danseurs qui doivent passer à la cabine de déshabillage. Qui plus est quand on est star de la pop comme Rihana, Beyoncé, ... et bien entendu leurs grand-mère Madonna et Minogue en tête.
Mon regard occupé, mes oreilles, elles, ne perdaient pas une miette du show. Bonne sonorisation ce qui n'était pas évident avec tout ce monde mais quelques problèmes de larsen dans le micro voix, rien d'important.
Femi laisse les nappes d'orgues hammond au profit du saxophone en enchaînant dès les premières mesures une démonstration de respiration continue. Cette technique inspirée par la pratique du yoga, permet de continuer de souffler dans le saxophone tout en reprenant son aspiration. Ainsi le son est continu, on appelle cette technique en anglais "the circular breath". Cette technique n'a pas de réel intérêt pour le jeu, elle sert plus de démonstration. Assez difficile à produire, la respiration continue a été utilisé dans les années 60 par les plus grand jazzmen. Mais il ne s'agissait pas réellement d'une nouvelle façon de jouer car faire des phrases mélodiques de plus de 30 secondes n'a pas d'importance. C'était une manière de travailler la spiritualité au travers de l'instrument en associant la respiration, la composition et la musique.
Mais revenons au concert où les cuivres balancent des thèmes percutants typiques de l'afrobeat et sont assez bien sonorisés même si on décèle une légère saturation. Cette dernière est à mon avis due à l'usage de micros trop sensibles à la pression dynamique mais mon éloignement ne m'a pas permis de voir de quels modèles il s'agissait.
Femi Kuti dispose d'un electrovoice RE20 qui est parfait pour sonoriser les différents saxophones qu'il va jouer. Le fils de Fela alterne ses tubes Day By Day, Fight To Win,... avec les titres de No Place For My Dream.
Le spectacle est agréable, mais c'est dommage que seuls Femi Kuti et le guitariste prennent des soli. Pour ne pas oublier son côté engagé, Kuti réaffirme sa position sur la fin du droit de véto aux nations unies et que chaque pays puisse disposer d'un vote.
La majorité des spectateurs applaudit sans réellement comprendre ce que dit le chanteur... C'est l'exception culturelle française ! Chaque fois qu'un chanteur harangue les foules en anglais, les français disent tous en coeur "Yeah !", vous pouvez faire l'expérience si vous jouez devant un public important dites des phrases débiles comme " I want to eat something", "Brian is in the kitchen", c'est très drôle...
En conclusion le concert valait le déplacement, Femi Kuti, dans la lignée de son père est revenu à ses premières inspirations plus afrobeat que world music. Le saxophone est omniprésent pendant le concert, mais même si Femi Kuti a trouvé un son très personnel, ses soli restent assez simples. Bon saxophoniste, ses compositions font la part belle au chant, mélodies, textes et l'improvisation en pâtit.
Un concert plus world music que jazz mais le plaisir de voir un grand ensemble de musiciens est toujours au rendez-vous surtout quand les danseuses sont là...
Note: 13/20
Ecoutez ici
Concert de Femi Kuti au centre culturel John Lennon. Il est venu avec son groupe The Positive Force défendre sur scène son dernier opus: No Place For My Dream. Cet album est placé sous le signe d'un retour à l'afrobeat créé par son père et défendu avec force conviction par Femi Kuti. Ainsi pour notre plus grand plaisir le multi instrumentiste délaisse les claviers au profit du saxophone.
Chose inhabituelle pour la salle John Lennon, le concert n'est pas précédé d'une première partie et surtout commence à l'heure exacte.
Votre serviteur se retrouvant du coup à la bourre et loupant les premières minutes du concert...
La majorité des spectateurs faisant comme moi, le début du live se fait devant une salle à moitié vide !
Beaucoup de monde sur scène, un clavier, une section de cuivres avec trompette, sax ténor, sax baryton, un guitariste, un bassiste, un percussionniste,un batteur, Femi Kuti et 3 danseuses.
Et même si Femi Kuti monopolise l'attention en chantant et en battant la mesure avec son bras comme s'il venait de prendre une décharge électrique, mon regard se porte invariablement sur les danseuses.
Car il faut bien reconnaître que la suggestivité des danses ne pouvait pas laisser de marbre tout homme normalement constitué. Un simple regard dans l'assistance masculine permettait de voir ici une bouche à demi ouverte, ici une gesticulation ressemblant vaguement à un pas de danse pour attirer le regard des belles...
Cette constatation m'amena à reconsidérer tout le succès des années disco, avec en ligne de mire Claude François. Son plébiscite aurait-il été aussi important sans les claudettes ? Car finalement, aller voir Cloclo en concert permettait à madame de danser et à monsieur de se rincer l’œil !
Si le funk a écoulé plus d'une pochette érotique (Ohio Players, Donald Byrd, ...), le rap à surexploité ce filon de " mais non chérie, ce sont la musique et les textes qui m'intéressent".
Et si la nudité et les poses lascives font vendre, c'est aujourd'hui l'interprète et plus les danseuses ou danseurs qui doivent passer à la cabine de déshabillage. Qui plus est quand on est star de la pop comme Rihana, Beyoncé, ... et bien entendu leurs grand-mère Madonna et Minogue en tête.
Mon regard occupé, mes oreilles, elles, ne perdaient pas une miette du show. Bonne sonorisation ce qui n'était pas évident avec tout ce monde mais quelques problèmes de larsen dans le micro voix, rien d'important.
Femi laisse les nappes d'orgues hammond au profit du saxophone en enchaînant dès les premières mesures une démonstration de respiration continue. Cette technique inspirée par la pratique du yoga, permet de continuer de souffler dans le saxophone tout en reprenant son aspiration. Ainsi le son est continu, on appelle cette technique en anglais "the circular breath". Cette technique n'a pas de réel intérêt pour le jeu, elle sert plus de démonstration. Assez difficile à produire, la respiration continue a été utilisé dans les années 60 par les plus grand jazzmen. Mais il ne s'agissait pas réellement d'une nouvelle façon de jouer car faire des phrases mélodiques de plus de 30 secondes n'a pas d'importance. C'était une manière de travailler la spiritualité au travers de l'instrument en associant la respiration, la composition et la musique.
Mais revenons au concert où les cuivres balancent des thèmes percutants typiques de l'afrobeat et sont assez bien sonorisés même si on décèle une légère saturation. Cette dernière est à mon avis due à l'usage de micros trop sensibles à la pression dynamique mais mon éloignement ne m'a pas permis de voir de quels modèles il s'agissait.
Femi Kuti dispose d'un electrovoice RE20 qui est parfait pour sonoriser les différents saxophones qu'il va jouer. Le fils de Fela alterne ses tubes Day By Day, Fight To Win,... avec les titres de No Place For My Dream.
Le spectacle est agréable, mais c'est dommage que seuls Femi Kuti et le guitariste prennent des soli. Pour ne pas oublier son côté engagé, Kuti réaffirme sa position sur la fin du droit de véto aux nations unies et que chaque pays puisse disposer d'un vote.
La majorité des spectateurs applaudit sans réellement comprendre ce que dit le chanteur... C'est l'exception culturelle française ! Chaque fois qu'un chanteur harangue les foules en anglais, les français disent tous en coeur "Yeah !", vous pouvez faire l'expérience si vous jouez devant un public important dites des phrases débiles comme " I want to eat something", "Brian is in the kitchen", c'est très drôle...
En conclusion le concert valait le déplacement, Femi Kuti, dans la lignée de son père est revenu à ses premières inspirations plus afrobeat que world music. Le saxophone est omniprésent pendant le concert, mais même si Femi Kuti a trouvé un son très personnel, ses soli restent assez simples. Bon saxophoniste, ses compositions font la part belle au chant, mélodies, textes et l'improvisation en pâtit.
Un concert plus world music que jazz mais le plaisir de voir un grand ensemble de musiciens est toujours au rendez-vous surtout quand les danseuses sont là...
Note: 13/20
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mercredi 30 avril 2014
Destination amérique latine
Jazz
Du jazz un peu différent aujourd'hui avec un groupe canadien: The Souljazz Orchestra. C'est par l'afro-beat que le groupe a commencé et c'est grâce au célèbre "crate digger" londonien, Gilles Peterson que je découvrit en 2006 le single Mista President. L'album qui suivi, Freedom No Go Die reste d'ailleurs en bonne position dans ma playlist hebdomadaire. Mais le groupe ne restera pas enfermé dans un style musical et avec Rising Sun en 2010, s'ouvrira aux musiques d'extrême orient, devenant le passeur d'une musique world jazz. La puissance des cuivres servant les thèmes écrits par le vibraphoniste Pierre Chrétien.
Avec Inner Fire on retrouve l'écriture de Rising Sun mais c'est un voyage au coeur de l'Amérique latine que nous propose le combo canadien.
Le son, les structures des morceaux et les compositions ressemblent beaucoup à Rising Sun, on pourrait y voir une suite. Ainsi, dans la structure de Inner Fire, le morceau d'intro Initiation et le morceau suivant Kingdom Come sont étrangement similaires au début de Rising Sun.
C'est un peu le point négatif de cet album, ceux qui connaissent la discographie de Souljazz Orchestra peuvent trouver une redite des albums précédents même si dans les compositions d'Inner Fire on trouve quelques innovations.
Sur Inner Fire, on trouve des compositions agréables mais on se confronte à une impression d'avoir déjà entendu l'album tant les points communs avec la discographie du groupe sont nombreux.
On relèvera tout de même le très jazz As The Crow Flies, le latino Agoya et le soul Celestial Blues avec son intro de basse et un style se rapprochant des meilleurs productions Us3, Guru, ...
Ces morceaux sortent des sentiers battus pour le Souljazz Orchestra et innovent en terme de son, composition et structure.
En conclusion Inner Fire est un bon enregistrement, qui devrait recevoir un accueil chaleureux de la part des mélomanes ne connaissant pas la discographie du groupe.
Pour ceux qui suivent Souljazz Orchestra depuis longtemps, Inner Fire se place en dessous de Rising Sun et perd de la fraîcheur du premier opus.
Cependant l'album reste agréable, avec de bon soli et permet de s'ouvrir à un jazz moins hermétique avec des couleurs world music enrichissantes.
Note: 12/20
Ecoutez ici
Du jazz un peu différent aujourd'hui avec un groupe canadien: The Souljazz Orchestra. C'est par l'afro-beat que le groupe a commencé et c'est grâce au célèbre "crate digger" londonien, Gilles Peterson que je découvrit en 2006 le single Mista President. L'album qui suivi, Freedom No Go Die reste d'ailleurs en bonne position dans ma playlist hebdomadaire. Mais le groupe ne restera pas enfermé dans un style musical et avec Rising Sun en 2010, s'ouvrira aux musiques d'extrême orient, devenant le passeur d'une musique world jazz. La puissance des cuivres servant les thèmes écrits par le vibraphoniste Pierre Chrétien.
Avec Inner Fire on retrouve l'écriture de Rising Sun mais c'est un voyage au coeur de l'Amérique latine que nous propose le combo canadien.
Le son, les structures des morceaux et les compositions ressemblent beaucoup à Rising Sun, on pourrait y voir une suite. Ainsi, dans la structure de Inner Fire, le morceau d'intro Initiation et le morceau suivant Kingdom Come sont étrangement similaires au début de Rising Sun.
C'est un peu le point négatif de cet album, ceux qui connaissent la discographie de Souljazz Orchestra peuvent trouver une redite des albums précédents même si dans les compositions d'Inner Fire on trouve quelques innovations.
Sur Inner Fire, on trouve des compositions agréables mais on se confronte à une impression d'avoir déjà entendu l'album tant les points communs avec la discographie du groupe sont nombreux.
On relèvera tout de même le très jazz As The Crow Flies, le latino Agoya et le soul Celestial Blues avec son intro de basse et un style se rapprochant des meilleurs productions Us3, Guru, ...
Ces morceaux sortent des sentiers battus pour le Souljazz Orchestra et innovent en terme de son, composition et structure.
En conclusion Inner Fire est un bon enregistrement, qui devrait recevoir un accueil chaleureux de la part des mélomanes ne connaissant pas la discographie du groupe.
Pour ceux qui suivent Souljazz Orchestra depuis longtemps, Inner Fire se place en dessous de Rising Sun et perd de la fraîcheur du premier opus.
Cependant l'album reste agréable, avec de bon soli et permet de s'ouvrir à un jazz moins hermétique avec des couleurs world music enrichissantes.
Note: 12/20
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dimanche 23 mars 2014
BAM ou JAZZ
Jazz
Encore un concert de jazz durant ce mois de mars. Là il s'agit d'un duo composé de la star montante du jazz hexagonal Vincent Peirani et du vieux briscard Michel Portal.
J'appréhendai un peu le concert car je doit bien reconnaître que l'accordéon que j'ai pu pratiquer dans ma jeunesse ne m’apparaissait pas très jazzy. Et puis finalement qu'est ce que le jazz ? Une musique issue de la culture noire américaine que défend Nicholas Payton avec son fameux BAM (Black American Music) et qu'il veut imposer en lieu et place du mot jazz. Ou bien simplement une musique improvisée ou se mêlent les cultures et les personnalités de chaque musicien ? La musique n'a pas de couleur de peau, pas d'age, pas de frontière, elle représente un trait d'union entre des personnes d'une même sensibilité. Le jazz est un langage, et les noirs américains ont contribué à le faire évoluer, mais ce ne sont pas les seuls et il serait réducteur de n'identifier le jazz que par leurs apports.
Alors oui on peut faire du jazz avec un accordéon, avec une cornemuse, avec une vielle à roue et même une poele à frire, du moment que l'on parle le jazz...
Donc pour moi ce ne sera pas BAM mais Jazz car l'Europe existe aussi et en tout cas l'un des grands contributeurs actuels au jazz européen est certainement Michel Portal avec une carrière aussi longue que le fleuve amazone.
Les 2 compères arrivent sur scène, l'écart d'age de ce couple étant proportionnel à l'écart de taille. Ce détail donne un tour sympathique aux premiers échanges avec le public.
Le concert commence par un morceau de l'accordéoniste. Après quelques mesures, Peirani attend que Portal entame son chorus, mais le clarinettiste est à ses pensées, et ne fait pas attention. Moment de doute sur quelques mesures mais que l'ensemble de l'assistance n'a pas connu.
Dès ce morceau , je suis rassuré sur l'accordéon, que ce soit dans la manière de jouer de Peirani, dans les sons qu'il utilise pour exposer les thèmes, ou prendre des soli, tout est délicat et subtile.
Le deuxième morceau de Portal met la barre plus haute, que ce soit dans la composition ou dans les soli, les 2 musiciens mouillent la chemise, le plaisir est au rendez-vous.
Portal nous sert quelques séances de cabotinage avec le public, confortant le capital sympathie du duo.
Le set se déroule avec de belles performances de la part des deux instrumentistes, cependant, je n'arrive pas à accrocher sur la valse que Vincent Peirani a composé pour Michel Portal et le célèbre tube de l'accordéon Indifférence de Tony Murena.
C'est là où j'estime qu'il y a une limite, l'accordéoniste est un virtuose, mais sur des compositions ou dans des interprétations de morceaux " d'accordéonistes" il n'arrive pas à imposer ce langage propre au jazz sur des tourneries populaires à 3 temps. Des grands noms ont réussi à s'approprier la valse et en faire un vrai moment de jazz, Dave Brubeck, John Coltrane, Wayne Shorter, ...
Ce défaut de jeunesse ne doit en aucun cas occulter le talent de Peirani qui va certainement engranger des expériences et murir dans ses compositions et soli.
Très beau moment avec la reprise de Dancers In Love de Duke Ellington, tempo ralenti mais connivence affichée des deux instrumentistes qui transmettent à l'assistance un bonheur non dissimulé.
Pour conclure un bon moment passé et la découverte d'un jeune talent à suivre: Vincent Peirani.
Note : 15/20
Album de Vincent Peirani
Page Deezer de Michel Portal
Encore un concert de jazz durant ce mois de mars. Là il s'agit d'un duo composé de la star montante du jazz hexagonal Vincent Peirani et du vieux briscard Michel Portal.
J'appréhendai un peu le concert car je doit bien reconnaître que l'accordéon que j'ai pu pratiquer dans ma jeunesse ne m’apparaissait pas très jazzy. Et puis finalement qu'est ce que le jazz ? Une musique issue de la culture noire américaine que défend Nicholas Payton avec son fameux BAM (Black American Music) et qu'il veut imposer en lieu et place du mot jazz. Ou bien simplement une musique improvisée ou se mêlent les cultures et les personnalités de chaque musicien ? La musique n'a pas de couleur de peau, pas d'age, pas de frontière, elle représente un trait d'union entre des personnes d'une même sensibilité. Le jazz est un langage, et les noirs américains ont contribué à le faire évoluer, mais ce ne sont pas les seuls et il serait réducteur de n'identifier le jazz que par leurs apports.
Alors oui on peut faire du jazz avec un accordéon, avec une cornemuse, avec une vielle à roue et même une poele à frire, du moment que l'on parle le jazz...
Donc pour moi ce ne sera pas BAM mais Jazz car l'Europe existe aussi et en tout cas l'un des grands contributeurs actuels au jazz européen est certainement Michel Portal avec une carrière aussi longue que le fleuve amazone.
Les 2 compères arrivent sur scène, l'écart d'age de ce couple étant proportionnel à l'écart de taille. Ce détail donne un tour sympathique aux premiers échanges avec le public.
Le concert commence par un morceau de l'accordéoniste. Après quelques mesures, Peirani attend que Portal entame son chorus, mais le clarinettiste est à ses pensées, et ne fait pas attention. Moment de doute sur quelques mesures mais que l'ensemble de l'assistance n'a pas connu.
Dès ce morceau , je suis rassuré sur l'accordéon, que ce soit dans la manière de jouer de Peirani, dans les sons qu'il utilise pour exposer les thèmes, ou prendre des soli, tout est délicat et subtile.
Le deuxième morceau de Portal met la barre plus haute, que ce soit dans la composition ou dans les soli, les 2 musiciens mouillent la chemise, le plaisir est au rendez-vous.
Portal nous sert quelques séances de cabotinage avec le public, confortant le capital sympathie du duo.
Le set se déroule avec de belles performances de la part des deux instrumentistes, cependant, je n'arrive pas à accrocher sur la valse que Vincent Peirani a composé pour Michel Portal et le célèbre tube de l'accordéon Indifférence de Tony Murena.
C'est là où j'estime qu'il y a une limite, l'accordéoniste est un virtuose, mais sur des compositions ou dans des interprétations de morceaux " d'accordéonistes" il n'arrive pas à imposer ce langage propre au jazz sur des tourneries populaires à 3 temps. Des grands noms ont réussi à s'approprier la valse et en faire un vrai moment de jazz, Dave Brubeck, John Coltrane, Wayne Shorter, ...
Ce défaut de jeunesse ne doit en aucun cas occulter le talent de Peirani qui va certainement engranger des expériences et murir dans ses compositions et soli.
Très beau moment avec la reprise de Dancers In Love de Duke Ellington, tempo ralenti mais connivence affichée des deux instrumentistes qui transmettent à l'assistance un bonheur non dissimulé.
Pour conclure un bon moment passé et la découverte d'un jeune talent à suivre: Vincent Peirani.
Note : 15/20
Album de Vincent Peirani
Page Deezer de Michel Portal
samedi 22 mars 2014
Chi va piano va Machado
Jazz
Concert à La Borie d'un pianiste que je ne connaissais pas du tout: Jean Marie Machado. Ce pianiste qui se produit sur scène depuis plus de 30 ans venait présenter son nouveau projet : Ruffle Swing. Il s'agit d'une formation en trio avec à la contrebasse, Henning Sieverts, et à la batterie François Merville.
Le pianiste à l'air bonhomme et dès les premières mesures, on sent la maîtrise instrumentale. En tant que pianiste, c'est vrai qu'il n y a rien à redire, belle technique, subtilité dans le jeu, maîtrise des pédales et ce que j'apprécie, des chorus mélodiques. Il y a un lyrisme dans le jeu de Machado qui impose le respect, il raconte des histoires et l'auditeur reste suspendu aux notes de son piano.
La section rythmique achève le trait en élargissant la palette sonore du compositeur. Mention spéciale au contrebassiste pour son jeu à l'archer qui était simplement bluffant.
Cependant, autant l'alchimie avec le batteur est certaine, autant avec le contrebassiste, des hésitations se font sentir. Les deux hommes ne se connaissent peut-être pas encore assez bien, et il faut noter que le programme Ruffle Swing n'est pas encore rodé car le trio n'avait joué qu'une ou deux fois avant.
Tout n'est pas rose non plus et c'est vrai que le morceau de rappel qui est un Fado et un morceau plus free en milieu de set m'ont laissé de marbre.
Le morceau free car les musiciens se font plaisir au détriment du public, et le fado car même si c'est honorable pour Machado de défendre ses origines latines, je trouve que le mélange fado jazz qui devrait au final être sympa, ne prends pas. En tout cas ce soir là.
En conclusion belle découverte d'un très bon pianiste.
Si vous voulez écouter Ruffle Swing, il faudra vous armer de patience car Machado joue les sets en live avant de les enregistrer. Donc la tournée ne faisant que commencer, l'enregistrement Ruffle Swing ne risque de sortir qu'au printemps prochain.
Vous pouvez cependant (re)découvrir les qualités indéniables du pianiste sur ses précedents projets.
Note: 14/20
Page Deezer
Concert à La Borie d'un pianiste que je ne connaissais pas du tout: Jean Marie Machado. Ce pianiste qui se produit sur scène depuis plus de 30 ans venait présenter son nouveau projet : Ruffle Swing. Il s'agit d'une formation en trio avec à la contrebasse, Henning Sieverts, et à la batterie François Merville.
Le pianiste à l'air bonhomme et dès les premières mesures, on sent la maîtrise instrumentale. En tant que pianiste, c'est vrai qu'il n y a rien à redire, belle technique, subtilité dans le jeu, maîtrise des pédales et ce que j'apprécie, des chorus mélodiques. Il y a un lyrisme dans le jeu de Machado qui impose le respect, il raconte des histoires et l'auditeur reste suspendu aux notes de son piano.
La section rythmique achève le trait en élargissant la palette sonore du compositeur. Mention spéciale au contrebassiste pour son jeu à l'archer qui était simplement bluffant.
Cependant, autant l'alchimie avec le batteur est certaine, autant avec le contrebassiste, des hésitations se font sentir. Les deux hommes ne se connaissent peut-être pas encore assez bien, et il faut noter que le programme Ruffle Swing n'est pas encore rodé car le trio n'avait joué qu'une ou deux fois avant.
Tout n'est pas rose non plus et c'est vrai que le morceau de rappel qui est un Fado et un morceau plus free en milieu de set m'ont laissé de marbre.
Le morceau free car les musiciens se font plaisir au détriment du public, et le fado car même si c'est honorable pour Machado de défendre ses origines latines, je trouve que le mélange fado jazz qui devrait au final être sympa, ne prends pas. En tout cas ce soir là.
En conclusion belle découverte d'un très bon pianiste.
Si vous voulez écouter Ruffle Swing, il faudra vous armer de patience car Machado joue les sets en live avant de les enregistrer. Donc la tournée ne faisant que commencer, l'enregistrement Ruffle Swing ne risque de sortir qu'au printemps prochain.
Vous pouvez cependant (re)découvrir les qualités indéniables du pianiste sur ses précedents projets.
Note: 14/20
Page Deezer
dimanche 16 février 2014
La Bistou - Gate
Rock
Le président normal a fauté, la quéquette présidentielle a voulu aller voir ailleurs. Le faux-semblant amoureux avec Valerie Trierwieller a laissé place à la romance du vieux avec la jeunette. La sécurité est sauve puisque l'homme d'état a su garder son casque en toutes circonstances. Hommage à Daft Punk diront certains, ... où va se nicher la défense de la french touch ?
Valérie est comprise par Ségolène, mais que reprocher à Julie ? En effet, comme disait ce poète urbain des années 80: "Qu'est ce qui pourra sauver l'amour ?" car il s'en défend corps et âme, seul l'amour a guidé notre président, ainsi avoir droit à une levrette présidentielle n'est pas donné à tout le monde. Il ne suffit pas d'être blonde, bien gaulée et d'avoir 20 ans de moins pour turluter notre François national ! Oui en cette période saint valentinesque, "l'important c'est d'aimer" et Lionel Florence auteur de ce titre , troubadour de l'entertainement français ne me contredira pas.
La vraie question est de savoir qu'écoute ces tourtereaux interdits lorsque la lumière tamisée vient incendier les courbes alléchantes de l'actrice. Le plus haut fonctionnaire de l'état est-il adepte des marches militaires, s'enhardit-il au son du clairon, Julie Gayet préfère t-elle la douceur moite d'un Marvin Gaye ou le ouaté JJ Cale. Sont-ils comme Christianne Taubira fans de jazz au point de faire la couverture de Jazz News enlaçant Jacques Schwarz - Bart la main délicatement posée sur son sax turgescent ... Oups je m'égare.
En fait, seul le service de protection du président doit savoir la musique propice à l'alcôve du pêcher. Finalement Sexe, Mensonges et Vidéos (tout du moins photos de paparazzi), c'est rock 'n roll, non ?
L'affaire de la Bistou - Gate se déroule pour moi sur fond de batterie énergique et de guitare saturée et en ce moment le groupe qui tient le haut du pavé en matière de rock c'est Arctic Monkeys avec leur dernier album AM.
Ce cinquième album vient redorer le blason du groupe qui s'était quelque peu fourvoyé avec son enregistrement Homebug, seul ombre au tableau d'une discographie exemplaire.
Encore une fois le leader Alex Turner signe les textes, la musique étant l’œuvre du collectif.
AM commence fort avec Do I Wanna Know et R U Mine ?, les guitares sont présentes et le gros son qui à fait leur réputation est au rendez-vous. Le travail des chœurs est présent dans chaque chanson, écoutez le travail fait sur Snap Out Of It.
Les thèmes sur cet album sont plus enjoués que sur les précédents enregistrements, le côté sombre de la pochette et des photos contraste avec les mélodies.
Les ballades sont magnifiques, No.1 Party Anthem, revisitant les sixties et I Wanna Be Yours qui rappelle l'écriture de The Age Of Understatement.
AM est un très bon enregistrement sans réelle fausse note. Le groupe est passé à la vitesse supérieure et peut sans problème remplir les stades.
Donc François si tu me lis passe du Arctic Monkeys a ta douce et tu verras que c'est une très belle bande originale pour une romance interdite...
Note: 15/20
Ecoutez ici
Le président normal a fauté, la quéquette présidentielle a voulu aller voir ailleurs. Le faux-semblant amoureux avec Valerie Trierwieller a laissé place à la romance du vieux avec la jeunette. La sécurité est sauve puisque l'homme d'état a su garder son casque en toutes circonstances. Hommage à Daft Punk diront certains, ... où va se nicher la défense de la french touch ?
Valérie est comprise par Ségolène, mais que reprocher à Julie ? En effet, comme disait ce poète urbain des années 80: "Qu'est ce qui pourra sauver l'amour ?" car il s'en défend corps et âme, seul l'amour a guidé notre président, ainsi avoir droit à une levrette présidentielle n'est pas donné à tout le monde. Il ne suffit pas d'être blonde, bien gaulée et d'avoir 20 ans de moins pour turluter notre François national ! Oui en cette période saint valentinesque, "l'important c'est d'aimer" et Lionel Florence auteur de ce titre , troubadour de l'entertainement français ne me contredira pas.
La vraie question est de savoir qu'écoute ces tourtereaux interdits lorsque la lumière tamisée vient incendier les courbes alléchantes de l'actrice. Le plus haut fonctionnaire de l'état est-il adepte des marches militaires, s'enhardit-il au son du clairon, Julie Gayet préfère t-elle la douceur moite d'un Marvin Gaye ou le ouaté JJ Cale. Sont-ils comme Christianne Taubira fans de jazz au point de faire la couverture de Jazz News enlaçant Jacques Schwarz - Bart la main délicatement posée sur son sax turgescent ... Oups je m'égare.
En fait, seul le service de protection du président doit savoir la musique propice à l'alcôve du pêcher. Finalement Sexe, Mensonges et Vidéos (tout du moins photos de paparazzi), c'est rock 'n roll, non ?
L'affaire de la Bistou - Gate se déroule pour moi sur fond de batterie énergique et de guitare saturée et en ce moment le groupe qui tient le haut du pavé en matière de rock c'est Arctic Monkeys avec leur dernier album AM.
Ce cinquième album vient redorer le blason du groupe qui s'était quelque peu fourvoyé avec son enregistrement Homebug, seul ombre au tableau d'une discographie exemplaire.
Encore une fois le leader Alex Turner signe les textes, la musique étant l’œuvre du collectif.
AM commence fort avec Do I Wanna Know et R U Mine ?, les guitares sont présentes et le gros son qui à fait leur réputation est au rendez-vous. Le travail des chœurs est présent dans chaque chanson, écoutez le travail fait sur Snap Out Of It.
Les thèmes sur cet album sont plus enjoués que sur les précédents enregistrements, le côté sombre de la pochette et des photos contraste avec les mélodies.
Les ballades sont magnifiques, No.1 Party Anthem, revisitant les sixties et I Wanna Be Yours qui rappelle l'écriture de The Age Of Understatement.
AM est un très bon enregistrement sans réelle fausse note. Le groupe est passé à la vitesse supérieure et peut sans problème remplir les stades.
Donc François si tu me lis passe du Arctic Monkeys a ta douce et tu verras que c'est une très belle bande originale pour une romance interdite...
Note: 15/20
Ecoutez ici
samedi 25 janvier 2014
Quelles pédales !
Jazz Rock
Concert à Tulle dans le cadre du festival Bleu en Hiver de Guillaume Perret & The Electric Epic venus défendre leur album éponyme paru en 2013.
Une lumière rouge surgit du fond de la scène sur un bruit léger de clefs de saxophone enrobé de delay.
Guillaume Perret s'avance dans l'obscurité éclairé par les seules leds rouges se trouvant dans le pavillon de son sax. En contournant un ampli il manque de tomber en trébuchant sur un pied de micro malveillant.
Combien de musiciens se sont cassés la figure à cause de ces maudits pieds de micro, des milliers j'en suis sûr ! L'inventeur qui trouvera le moyen faire tenir ces micros sans perche réductrice de têtes ou support trancheur de mollets sera riche à millions !
La musique et les musiciens s'installent doucement, laissant découvrir un guitariste Jim Grandcamp, un batteur Yoann Serra, un bassiste Philippe Bussonnet et le leader Guillaume Perret au saxophone ténor.
Ce dernier a dû porter plainte contre son coiffeur car sur le sommet du crane, il présente une houppette digne de tintin !
Je me sens obligé de le bâcher un peu car le gars assure grave et le concert était vraiment génial.
Dès le premier morceau Guillaume Perret se sert de l’électrification de son sax pour passer le son à travers différentes pédales. Et quelles pédales ! Une bonne dizaine trônent devant lui. Avec dextérité, de la pointe du pied il appuie sur celle-ci pour mettre de la reverb, sur l'autre pour de la distorsion, ...
Les effets c'est bien mais il faut savoir les utiliser à bon escient et surtout que cela ne serve pas de cache misère à un jeu assez pauvre de l'instrument.
Rassurez-vous, Guillaume Perret est impressionnant de virtuosité et de technique et le jeu avec les effets est savamment dosé sur chaque thème. Le saxophoniste a dû passer des journées entières à chercher comment utiliser tel ou tel effet pour rendre réelle cette expression de joie par moment, colère parfois, ...
Souvent comparé par la presse avec Weather Report, le groupe me fait plus penser aux Brecker Brothers.
En effet, dans le couple initiateur de Weather Report, Zawinul et Shorter, c'est à mon sens le clavier qui porte la culotte alors que dans les Breckers Brothers, ce ne sont que des soufflants aux commandes. Le parallèle se fait avec le duo Grandcamp à la guitare et Perret au sax qui fonctionne comme Randy et Michael Brecker.
Attention, Brecker était le maître absolu des notes harmoniques, Perret même s'il les utilise avec facilité, ne les possède pas encore assez pour avoir ce phrasé mélodique si spécifique.
Non, la comparaison est plutôt sur le le jeu rythmique et la vitesse démoniaque d’exécution des soli, couplés au travail du son propre au rock.
L'album Heavy Metal Be-Bop et son hymne Some Skunk Funk dans lequel Brecker improvise avec un effet de pédale wah-wah sont certainement une inspiration forte de Guillaume Perret & Electric Epic.
Le guitariste improvise aussi en se servant des effets comme d'un moyen d'expression supplémentaire. Très technique il enchaîne les morceaux avec une certaine nonchalance.Yoann Serra à la batterie arrive à servir de trait d'union aux 4 musiciens en modulant son jeu à l'écoute de chacun. Le bassiste, encore un tueur, a réussi a anesthésier la salle sur un solo où avec le son d'une guitare saturée, il s'est retrouvé avec la puissance du Stade de France dans une salle de 500 personnes !
Petite erreur de sonorisation qui n'a duré que quelques minutes.
Par la suite Guillaume Perret joua un morceau à la mémoire de son grand père décédé, pas d'effet ou de sax électrique, juste le ténor et un micro. Beau moment et émotion certaine.
La fée électricité revint quelques minutes plus tard pour la plus grande joie des spectateurs.
Au bout de 2 heures de concert, l'évidence pointe son nez, super expérience et envie d'acheter le disque Guillaume Perret & Electric Epic pour prolonger le plaisir.
Note: 16/20
Guillaume Perret joue sur un sax électrifié, évolution du Varitone de Selmer, qui n'a rien avoir avec le sax midi ou usb d'Akaï, pour ceux que ça intéresse, quelques précisions...
samedi 18 janvier 2014
J'aime le Q
Rock
Je le confesse tout haut j'aime le Q, mais ne vous méprenez pas et effacez ce sourire goguenard imprimé sur votre visage, il s'agit du Q de James Taylor Quartet soit en abrégé JTQ. Dans mon dernier article, je vous parlais d'un clavier héros, Hervé Salters et bien nous continuons avec un roi de l'orgue Hammond. Dans la discographie pléthorique de James Taylor, c'est à l'album le plus rock que je vais m’intéresser: A Few Useful Tips About Living Underground. La découverte de ce quartet détonnant est un bon souvenir. 1996, en ballade à La Rochelle, avant d'aller voir un groupe jouer dans un caf' conc', apéro dans un bar assez proche. La bière n'est pas bonne mais le tenancier passe de la bonne musique classique rock, l'endroit est convivial. Soudain passe dans les enceintes Creation, mon regard croise celui du guitariste du groupe avec lequel je jouais à l'époque, hummmm c'est bon ça ! Énorme riff funky au clavier, cocotte endiablée à la gratte, si l'ivresse de la boisson est encore loin, celle de la musique est bien présente. Ni une ni deux, le barman doit s'expliquer sur l'origine de cette bonne musique. Formule admise dans les milieux branchés: "Hé, c'est quoi ce qui passe" réponse tranchée: "Ben c'est James Taylor Quartet" sous-entendu tu connais pas gros naze ?
Le lendemain en début de matinée, vers 12h30, je retrouve mon pote guitariste qui a eu le temps de faire un tour au disquaire du coin, on écoute le cd et là énorme déception, erreur sur la personne, l'album est de James Taylor le guitariste américain. Ce n'est que de retour à Limoges et après de nombreuses recherches que je tombe sur la pépite A Few Useful Tips About Living Underground.
Cet enregistrement est celui que je préfère car même si d'autres albums comme Get Organized, The Money Spider, Blow Up, sont de bonnes factures, le son et la qualité des compositions ne sont pas du même niveau.
En effet, le début de l'album est plutôt costaud avec Selectivity, Creation et Staying Active et son solo de gratte qui dépote. Le plus classique It's Your World laisse la place à la reprise du thème de Dirty Harry sauce JTQ un standard du groupe et certainement son morceau le plus connu. On retrouve cette posture rock sur Don't Let Money Be Your God. Le funk est plus présent en fin d'album avec Nutrition et Check It Out. A Few Useful Tips About Living Underground se termine avec Grass Is Not Greener et son superbe solo de sax sur une rythmique typique des années funk jazz de la fin des années 60.
Cet album a usé ma platine des heures durant, je regrette de ne pas avoir vu le JTQ en live défendre A Few Useful Tips About Living Underground. Les tournées récentes sont plus axées sur une soul assez classique. Il manque ce petit truc pour dire "Hé, c'est quoi ce qui passe" ...
Note: 16/20
Ecoutez ici
Je le confesse tout haut j'aime le Q, mais ne vous méprenez pas et effacez ce sourire goguenard imprimé sur votre visage, il s'agit du Q de James Taylor Quartet soit en abrégé JTQ. Dans mon dernier article, je vous parlais d'un clavier héros, Hervé Salters et bien nous continuons avec un roi de l'orgue Hammond. Dans la discographie pléthorique de James Taylor, c'est à l'album le plus rock que je vais m’intéresser: A Few Useful Tips About Living Underground. La découverte de ce quartet détonnant est un bon souvenir. 1996, en ballade à La Rochelle, avant d'aller voir un groupe jouer dans un caf' conc', apéro dans un bar assez proche. La bière n'est pas bonne mais le tenancier passe de la bonne musique classique rock, l'endroit est convivial. Soudain passe dans les enceintes Creation, mon regard croise celui du guitariste du groupe avec lequel je jouais à l'époque, hummmm c'est bon ça ! Énorme riff funky au clavier, cocotte endiablée à la gratte, si l'ivresse de la boisson est encore loin, celle de la musique est bien présente. Ni une ni deux, le barman doit s'expliquer sur l'origine de cette bonne musique. Formule admise dans les milieux branchés: "Hé, c'est quoi ce qui passe" réponse tranchée: "Ben c'est James Taylor Quartet" sous-entendu tu connais pas gros naze ?
Le lendemain en début de matinée, vers 12h30, je retrouve mon pote guitariste qui a eu le temps de faire un tour au disquaire du coin, on écoute le cd et là énorme déception, erreur sur la personne, l'album est de James Taylor le guitariste américain. Ce n'est que de retour à Limoges et après de nombreuses recherches que je tombe sur la pépite A Few Useful Tips About Living Underground.
Cet enregistrement est celui que je préfère car même si d'autres albums comme Get Organized, The Money Spider, Blow Up, sont de bonnes factures, le son et la qualité des compositions ne sont pas du même niveau.
En effet, le début de l'album est plutôt costaud avec Selectivity, Creation et Staying Active et son solo de gratte qui dépote. Le plus classique It's Your World laisse la place à la reprise du thème de Dirty Harry sauce JTQ un standard du groupe et certainement son morceau le plus connu. On retrouve cette posture rock sur Don't Let Money Be Your God. Le funk est plus présent en fin d'album avec Nutrition et Check It Out. A Few Useful Tips About Living Underground se termine avec Grass Is Not Greener et son superbe solo de sax sur une rythmique typique des années funk jazz de la fin des années 60.
Cet album a usé ma platine des heures durant, je regrette de ne pas avoir vu le JTQ en live défendre A Few Useful Tips About Living Underground. Les tournées récentes sont plus axées sur une soul assez classique. Il manque ce petit truc pour dire "Hé, c'est quoi ce qui passe" ...
Note: 16/20
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