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mercredi 20 février 2013

Après Bambi le faon, Tame l'impala ...

Rock Psyché
Enfin un album qui arrive à se démarquer de la folk pop de chanteuse à petite voix qui actuellement est sur toutes les ondes. Du rock avec de vrai morceaux de guitares dedans, des effets sur les voix, claviers, tous les ingrédients du psychédélisme sont réunis ici. Pourtant l'année 1967 qualifiée d'année psyché est bien loin, car l'album Lonerism de Tame Impala est sorti en 2012. L'éloignement temporel des enregistrements de 1967 ne s'entend que sur quelques morceaux qui sonnent actuels. En effet, cet album pourrait très bien être une réédition d'un groupe inconnu des années 60 produit par un sombre label indé racheté par une major qui profiterait du regain d'intérêt pour le son vintage pour (re)lancer ces musiciens au sommet des charts. Le schéma n'est pas nouveau, mais ici ce n'est pas la même histoire. Le leader Kevin Parker crée Tame Impala sur les cendres de son ancien groupe Dee Dee Dums en 2007. Les influences des Beatles ou de Pink Floyd sont évidentes, Parker et ses musiciens se sont appropriés les codes et le langage musical de ces groupes, ils nous livrent avec Lonerism des morceaux digne de leur pairs.
L'album contient des tubes tel l'hymne mélancolique Feels Like We Only Go Backwards, avec le chant en "laid back" (en arrière du temps) qui renforce cette sensation de spleen. Au rang des tubes on trouve aussi le floydesque Elephant avec sa descente de basse pompée à Money.
Les Beatles aussi sont une influence majeure de ce groupe, que ce soit avec le premier morceaux Above It et sa construction rappelant le sergent poivre ainsi que Keep On Lying avec son solo de guitare noyé dans le brouhaha d'une soirée mondaine, où le mélange sons de la vie quotidienne et musique enregistrée est vraiment propre aux expérimentations des années 60.
Lonerism contient tout de même des essais manqués que ce soit la dernière chanson Sun's Coming Up qui ne convient pas à l'unité de l'album et nous fait penser que l'auteur veut nous prouver qu'il est capable de composer des ballades super poétiques mais aussi le titre She Just Won't Believe Me qui avec ses 57 secondes nous laisse dans une frustration similaire à celle de la jeune mariée qui lors de la nuit de noce se trouve face à un mari précoce qui ne lui donne pas cet orgasme tant mérité...On peut noter aussi le titre Why Won't They Talk To Me qui ressemble à une chanson de MGMT ce qui permit aux journalistes de faire un rapprochement douteux entre les deux groupes. Je ne suis pas sûre que les fans de MGMT trouvent leur bonheur avec Lonerism, mais il faut bien mettre les groupes dans des cases.
En conclusion même si des petites erreurs se sont glissées dans le casting, Lonerism est sans conteste un album incontournable des années 2010 qui devrait figurer en bonne place dans votre discothèque.
Note: 14/20
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dimanche 3 février 2013

Reprise toute en douceur...

Pop
The Bewitched Hands On The Top Of Our Heads deviennent avec ce deuxième album studio intitulé Vampiric Way, les Bewitched Hands. C'est amusant de constater à quel point le choix du nom de groupe peut être important et comment certains groupes se sont plantés avec le problème de ne jamais pouvoir revenir en arrière car on ne change pas le nom avec lequel on a connu la gloire ! Ainsi les FFF s'en sont vraiment voulu d'avoir pris ce nom de scène, cet acronyme signifiant Fédération Française de Funk. Certes au début de leur carrière avec un album produit par Clinton (pas le joueur de saxophone et accessoirement de cigare à piston), la logique d'un funk punchy correspond au nom. Mais par la suite les singles qui connurent le succès étaient très éloignés du P-funk et le chanteur leader Marco Prince regretta ouvertement le choix de ce nom de scène qui ne correspondait plus du tout au public. On peut citer aussi le groupe dont le nom était 3 points d'exclamations qui selon le chanteur pouvaient être interprétés par n'importe quelle onomatopée ... Pas très marketing tout ça ! Pour les Bewitched Hands, le pari du nom le plus long et le plus casse-gueule à prononcer était entièrement réussi, mais quelques années après le début du groupe et différentes reformations, la fée marketing est venu enlever cet appendice tel le chirurgien enlevant avec sa sonde la graisse du ventre de la ménagère de plus de 50 ans.
Parlons maintenant de musique, ce deuxième album paru en 2012 nous livre quelques perles de pop, avec toujours cette présence du groupe. Chaque chanson vient du groupe, aucun des membres ne prend le dessus, les chœurs sont pour beaucoup dans ce sentiment d'unité.
La cover digne d'un film d'horreur, nous plante le décor, et le premier morceau Westminster avec son orgue d'abbaye nous entraîne à l'époque victorienne, où planqué dans une ruelle sombre, nous attend Jack l'éventreur, brrrrrrrrr , ....
Beaucoup plus pop le deuxième morceau Thank You, Goodbye, It's Over reste agréable a écouter même s'il ne casse pas les codes du genre.
50's Are Good est intéressant par le contraste entre le chant des couplets et celui du refrain, l'un étant posé et l'autre beaucoup plus rythmique.
Words Can Let You Down, est une ballade qui n'apporte rien de nouveau et le chant en douceur est un peu trop angélique pour mes oreilles élevées aux riffs acérés des guitar hero.
Un peu de reggae dub pour inspirer le morceau suivant Let Me, c'est plaisant et marque une pause sucrée dans l'album.
Ah! Ah! Ah! Ah! est mon morceau préféré de l'album, on se croirait dans le collège américain d'une série américaine, les cheerleaders se battent pour savoir laquelle aura les faveurs du quaterback, complètement adolescent. Cette chanson pourrait faire partie de la bande originale de Glee.
Après le assez convenu She Bewitched Me, le morceau Boss, commence avec une intro violemment copiée sur le Our House des Madness, mais cette incursion dans les années 80 ne sauvera pas le morceau qui semble bien pauvre en rapport à l'original.
Le très bon Modern Dance fait oublier le "patron" douteux et permet d'attaquer le Hard Love sans préjugé. Ce morceau bien exécuté est plaisant, mais c'est avec le morceau Vampiric Way que l'on retrouve ces chœurs qui s'enflamment et donnent envie de danser et chanter avec eux.
Le dernier morceaux The Laws Of Walls, typé année 80, là encore manque de pertinence avec une diction du chant qui sur les couplets peut prêter à sourire. Ce qui est dommage car on se laisse bien entrainer par le refrain et on a envie de chanter avec eux pour peut-être faire partie de cette unité, ce groupe qui à l'air si sympathique.
En conclusion, même si des morceaux ne sont pas au niveau de l'album, qu'il subsiste des erreurs dans les compositions de certains morceaux, l'écoute de Vampiric Way vous procurera de bons moments. A n'en pas douter le groupe rémois peut arroser de champagne la sortie de ce second album studio.
Note: 12/20

samedi 10 novembre 2012

Ce soir on remet le cover

Pop
C'est un album de reprise qui va propulser Mark Ronson au sommet des charts anglais, Version sort en 2007. Mark Ronson sur Version, réinterpréte des titres déjà connus de Radiohead, Kasabian, Coldplay, The Smiths, Brittney Spears, ... La qualité des arrangements est au rendez-vous, avec en guest des cuivres sur l'ensemble des morceaux, les chansons originales en ressortent transfigurées. Certaines covers sont meilleures que les compositions originales et l'intégralité de l'album se laisse écouter avec bonheur. Album pas réellement indispensable, mais qui convient parfaitement en fond sonore pour vos soirées entre amis, sorte de compilation pour apéritifs mais d'assez bonne qualité.
Version contient quelques perles que ce soit Valérie où la voix d'Amy Winehouse fait des merveilles sur ce titre classic soul sauce moderne, LSF issu du premier album de Kasabian, et repris ici par le groupe avec les arrangements de Ronson, ou le fabuleux Toxic de Britney Spears repris par Tiggers.
Lilly Allen viens poser sa voix si reconnaissable sur Oh My God et la musique se tourne vers une pop joyeuse, qui reste en filigrane tout au long de l'enregistrement avec entre autre Santigold et le titre Pretty Green.
L'album comporte aussi des instrumentaux: divers morceaux qui servent d'intros, outros et le titre God Put A Smile On Your Face. Ce titre fut composé par Coldplay, c'est la seule fois que je me permettrai de les féliciter d'avoir fait un morceau car sans eux nous n'aurions pas la chance d'écouter les daptones sur ce titre. Ce groupe de cuivre étant le groupe "maison" du label Daptone Records sur lequel on peut retrouver des chanteuses comme Sharon Jones. Donc un morceau médiocre peut donner quelque chose d'intéressant pour peu que les bonnes personnes soient aux commandes.
C'est à la fin des années 90 avec l'émission Paris Dernière que la femme de Thierry Ardisson s'occupant de l'habillage sonore de l'émission eut l'idée de mettre des covers dans la bande originale. Ces versions souvent décalées, amusantes mais parfois géniales furent compilées sur un premier cd en 2000 et connurent un succès retentissant. La mode de la reprise est tellement importante qu'aujourd'hui rares sont les jeunes artistes qui ne font pas une cover pour se faire connaître.
Version est donc dans l'air du temps et vous dynamisera par ses morceaux cuivrés qui dessinent les contours d'une pop joyeuse et chaleureuse.
Note: 12/20
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samedi 3 novembre 2012

Pappy fait de la résistance

Jazz
C'est à 86 ans que le vénérable batteur Roy Haynes enregistre son 33ème album en tant que leader: Roy-Alty. Le jeu de mot est digne de figurer dans l'almanach Vermot mais ne je ne lui jetterai pas la pierre étant assez friand des mauvais calembours...
Le batteur s'est entouré pour cet album de son "Fountain of Youth band" composé de Jaleel Shaw au saxophone, Martin Bejerano au piano et David Wong à la basse. Sur certains morceaux, Chick Corea et Roy Hargrove viennent compléter ce line-up. A ces noms prestigieux viennent s'ajouter sur le dernier morceau Passion Dance de Mc Coy Tyner, Marcus Strickland au sax ténor, Robert Rodriguez au piano et Roberto Quintero avec Craig Haynes aux percussions.
Roy-Alty ne comporte qu'une composition du batteur: All The Bars Are Open, dans lequel le pianiste Chick Corea fait merveille, le morceau est tout en retenue et l'improvisation longue du pianiste est vraiment bien exécutée.
L'ensemble de l'album est composé de standards, Roy Haynes est une légende vivante et a joué avec les plus grands jazzmen, que ce soit Charlie Parker, Miles Davis, Mc Coy Tyner, Coltrane, Monk, Sarah Vaughan, Sonny Rollins, Chick Corea, ...
Sur Roy-Alty, Roy Haynes rend hommage à tous ces fantastiques musiciens en reprenant leurs standards. L'album s'ouvre sur Grand Street que Roy Haynes a enregistré avec Sonny Rollins en 1958, Roy Hargrove remplace Clark Terry sans coup férir. Le trompettiste est aussi présent sur These Foolish Things, Milestones, l'excellent Tin Tin Deo, Equipoise et enfin le magistral Passion Dance. Ce dernier morceau est vraiment la perle de cet album avec un arrangement de cuivre assez proche de l'original mais avec des soli de haute voltige et des percussions entrainant le morceau dans un rythme diabolique.
Roy-Alty est un album qui ne décevra pas les amateurs de jazz, la qualité des instrumentistes, des thèmes repris, en font un indispensable de l'année 2011.
Roy Haynes par cet album retrace les rencontres importantes de sa carrière et nous emmène dans un voyage musical à travers 60 ans de jazz.
L'exercice aurait pu être décevant si le jazzman n'avait pas fait participer à cette aventure son "fountain of youth" band, qui comme son nom l'indique apporte toute la modernité du jazz actuel à des thèmes déjà maintes fois repris.
Objectif atteint donc, même si sur des titres comme Milestones, le jeu est un peu convenu. Morceau vite oublié avec Tin Tin Deo ou Off Minor.
Si vous voulez entendre des standards du jazz repris par des musiciens hors pair, Roy-Alty est fait pour vous. En revanche si la composition originale, les ambiances sonores du label ECM, sont votre graal, dans ce cas là mieux vaut passer votre chemin.
Note: 14/20
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dimanche 21 octobre 2012

Les Doctors sont en ville

Rock
Cette semaine, une petit coup d’œil dans le rétroviseur avec l'album Pocket Full Of Kryptonite, sorti il y a un peu plus de 25 ans en 1991. Le groupe Spin Doctors emmené par le chanteur Chris Barron connut un succès énorme avec ce premier album studio, 10 millions de ventes dans le monde.
Les Spin Doctors ne purent pourtant jamais vraiment réitérer cet exploit avec leurs albums suivants, que ce soit avec Turn It Upside Down, environ 1 million d'album, et You Got To Believe Something, hécatombe, avec 75000 albums. Aujourd'hui le groupe existe encore mais ne rencontre pas le public de ses débuts. Cette carrière artistique rappelle les one-hit wonder des années 80 qui n'arrivent jamais à refaire le hit qui les propulsera à nouveau au sommet des charts.
Pocket Full Of Kryptonite sort en 1991, mais ne sera diffusé qu'à partir de 1992 à la radio en France. Le premier single extrait de l'album est Little Miss Can't Be Wrong, blues rock assez pop tout en gaieté. Mais le raz de marée va venir avec le deuxième single Two Princes qui restera le tube absolu avec son riff de guitare funky, le thème universel de l'amour, la voix de Barron qui se permet de scatter, le jeu de batterie avec ses futs si sonores, ... Il faut le dire ça fait du bien d'entendre ça au sortir des années 80 et de la cold wave, dark wave et autre new wave. Cette vague là est bien plus sympathique, on arrête de faire la gueule et on fait la fête. Le message est certes simplissime, mais la jeunesse de part et d'autre de l'atlantique veux s'amuser et le titre Two Princes nous invite à cette "party".
Pocket Full Of Kryptonite est un album rock qui doit figurer dans toute bonne discothèque, les deux hits de l'album ne sont qu'une mise en bouche de titres moins racoleurs, que ce soit avec le très zeppelinien  Refrigerator Car, le bluesy Jimmy Olsen's Blues qui reprend la construction de Two Princes, le stonien Off My Line. Là où les Spin Doctors sont forts c'est qu'ils arrivent à faire des classiques rocks mais à la sauce des années 90, c'est à dire punchy avec une bonne dose de funk. Cependant pour arriver à faire cette cuisine, il faut être un cordon bleu et les Doctors sont des musiciens de très haut vol. Il suffit pour s'en persuader d'écouter le morceau Shinbone Alley / Hard To Exist avec ses soli de guitare experts et sa basse slappée avec vigueur ou What Time Is It avec un batteur calant ses breaks à la perfection. Le chant n'est pas en reste que ce soit avec le sirupeux Forty Or Fifty ou les différentes vocalises que Barron prodigue sur l'ensemble de l'album.
Ces musiciens sont virtuoses et les compositions sonnent, Pocket Full Of Kryptonite ne peut que marcher.
Après des déboires divers, les Spin Doctors ne semblaient plus qu'être une coquille vide et pourtant ils ont annoncé la sortie d'un nouvel album en 2013. Peut-être la chance renverra ces Doctors sur le devant de la scène plus de 25 ans après ...
Note: 15/20
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samedi 13 octobre 2012

Un peu de fraîcheur canadienne

Rap
Le groupe canadien Random Recipe amène un peu de subtilité dans le monde du rap qui est souvent représenté par des gros lourds avec des chaines en or, des grosses bagnoles et des femmes dénudées avec des formes bien placées, qui se trémoussent en ne laissant aucun doute sur leurs virginités perdues. Pour les quelques femmes rappeuses, le constat est amer, soit on se trouve face à une femme qui joue de ses épaules de déménageurs, soit c'est la carte sexe à fond qui est choisie. Random Recipe apporte donc un peu de fraîcheur avec un rap féminin loin des ornières du mainstream rap.
La production est assez minimaliste et change des grosses productions américaines des rappeurs de notre époque. Cependant le mixage aussi est un peu cheap et les placements dans l'espace sonore pas forcément adéquats: voix trop devant, guitare anémique, ...
Certainement la contrepartie d'un budget restreint. L'alchimie de Random Recipe tient en grande partie de l'équilibre entre la chanteuse Frannie et la rappeuse Fab, ce sont vraiment elles le cœur du groupe.
Fold It ! Mold It ! est donc le premier album du quatuor canadien qui est sorti en 2010 au Canada et en 2012 en France ! A l'heure des autoroutes de l'information, c'est un peu risible,  ... les lois du marketing sont impénétrables.
Après une introduction dans la droite ligne des jams de rues, Fold It ! Mold It ! débute sur Pack Your Bags qui, sur le thème, comporte une touche latino. Cette influence latine est présente sur de nombreux morceaux que ce soit les claves et percussions de Without You, la guitare de Something On My Mind et Shining Star.
L’éclectisme est de rigueur avec des ballades proches des folk songs actuels: Love Love, des tubes énergiques: Sta'Zitto, A Moment With Last Dinosaur, un morceaux plus rock: Dangerous. Sur deux morceaux, la sauce ne prend pas, Bad Luck et Wonderwoman où Frannie fait des vocalises qui restent assez indigestes.
Mais retenons plutôt la fraîcheur de Fold It ! Mold It ! et la complicité des deux chanteuses qui renouvellent sans le révolutionner le rap actuel.
Note: 12/20
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samedi 6 octobre 2012

Ti ondule ton corps !

Jazz
Sex Toy est le cinquième album d’Édouard Bineau, et le second sous le patronyme Wared qui signifie édouard en verlan. Le pianiste est une véritable découverte et le morceau éponyme mérite à lui seul l'achat de cet album.
Sex Toy, le titre est plutôt bien trouvé, un objet dévolu au plaisir onanique, l'auteur recherche grâce au support enregistré à procurer du plaisir à l'auditeur. Et ce plaisir est en somme très individuel car si l'on se réfère au mode d'écoute le plus couramment usité, on se retrouve avec un casque d'iphone ou d'ipod sur les oreilles !
Après un morceau d'introduction X 1938, le morceau Sex Toy débute sur un riff au piano très rythmé, soutenu par les cuivres qui exposent le thème. Dès ce morceau la complicité entre le saxophoniste Daniel Erdmann et le pianiste se fait sentir.
Edouard Bineau recherche avant tout la musicalité, il fait attention aux thèmes, sur l'album, seuls 2 morceaux ne sont pas des compositions : d'abord Lorelei Sebasto Cha composé par H F Thiéfaine et Mourir Pour Des Idées de Brassens. Ces reprises ne sont pas intéressantes, même si c'est bien exécuté, que la musique originale est plutôt loin, il n'y a pas le petit coup de baguette magique qui viens façonner le diamant brut.
Carousel est une composition qui représente assez bien le jazz contemporain en Europe, voire en France, ce n'est pas réellement ma tasse de thé.
Sur New Ed, on se lâche, la rythmique entêtante du piano rappelle le jeu de Sam Yahel avec Joshua Redman et son Elastic Band. L'improvisation se veut dissonnante, plus free que sur les autres morceaux.
L'importance de la construction du thème sur un riff de piano assez vif est encore très bien fait par Bineau sur Homo Erectus, la fin du morceau fini en apothéose avec le batteur qui lâche tout. Un morceau qui je pense doit prendre toute sa mesure en live.
Avec Frederique, morceau en deux parties, le pianiste nous montre tout d'abord un jeu très lyrique dans lequel il excelle. Ensuite dans un second temps le tempo s’accélère, pour un thème plus joyeux.
On peut imaginer que le musicien à cherché à nous peindre les deux facettes d'une personne, ou bien encore les deux phases de vie que celle-ci à pu rencontrer.
Centrifugation reste de conception plus classique, c'est avec Fazzer que le groupe Wared termine l'enregistrement et un très bon solo de saxophone.
Edouard Bineau arrive à nous raconter des histoires, son jeu est intéressant car il peut aussi bien être très lyrique et sur un autre morceau rythmique et rigoureux mais toujours avec une pointe de groove.
C'est une découverte agréable de savoir qu'un pianiste français est capable de composer des thèmes et d'improviser comme les grands noms du jazz américain actuel.
Pour ma part, j'espère que Bineau pour ses prochains albums, s'orientera plus vers des compositions telles que Sex Toy, Homo Erectus, Frédérique, et délaissera le côté "francojazz" de Carousel.
Affaire à suivre...
Note: 12/20
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samedi 29 septembre 2012

Crossfader addict


Electro pop
Rendu célèbre par le single Down The Road, le quatuor de deejays nantais nous propose son premier album Tetra en septembre 2012. Les champions du "turntablism", qui, pour simplifier est l'art de fabriquer un morceau avec des disques passés à la volée en y incluant des techniques de scratching, nous livrent un album de 14 titres qui est réellement plaisant à écouter. C'est un peu le chocolat avec le café, ou le parmesan sur les pâtes au beurre, de la gourmandise, du plaisir simple et joyeux. Car sur Tetra, la plupart des morceaux sont assez fun et punchy: Kings Season, Who Are You, Happy, Genius. Les musiciens piochent leurs sonorités et leurs beats dans les années 80: Together, Arcade,... mais peuvent aussi s'orienter sur des ambiances proche de la musique de film sur F.U.Y.A et The Cell. Les 4 nantais ont bénéficié de beaucoup de featuring plus ou moins bien réussis, Pigeon John sur Because Of You marque des points alors que Jay Jay Johanson sur Give Up The Ghost mérite le carton rouge.
Enfin, sur The Beat et Le Banquet, le scratch est célébré de manière virtuose, ce qui augure de belles prestations live. Un bémol sur les crédits de la pochette dans lesquels on ne voit que 20syl partout.
"other instruments by 20syl", "drum programming by 20syl", "choir & other instruments by 20syl", "album produced by 20syl", ... donc soit le dit 20syl court après les royalties, soit il dispose d'un égo surdimensionné. Le principe de groupe repose sur un équilibre précaire, ou chacun doit tirer son épingle du jeu. Si des 4 deejays, il y a une reconnaissance plus importante pour l'un d'entre eux, la vie de C2C pourrait bien être courte. En attendant de voir évoluer ce groupe, n'hésitez pas à écouter Tetra, qui n'est pas un album révolutionnaire mais qui fait du bien comme relire un bon vieux roman policier, ce n'est pas de la grande littérature mais le plaisir est là.

Note: 12/20
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samedi 22 septembre 2012

Sortez les mouchoirs (3)

Dernier message de cette trilogie consacrée à rendre hommage aux artistes qui ont disparus en 2012 et qui m'ont marqué par leur carrière artistique.

Donald Dunn
Ce bassiste est à lui seul un monument du rythm and blues, on ne compte plus ses participations à des albums, les groupes avec lesquels il a joué pendant plus de 50 ans. Mais c'est avec Booker T & The Mg's et plus tard les Blues Brothers qu'il va écrire quelques unes des plus belles pages du blues et de la soul. On ne peut pas citer Donald "Duck" Dunn sans son inséparable comparse Steve "the Colonel" Cropper. Dunn et le guitariste se connaissent de longue date, ils ont créé les Mar-Keys ensemble au tout début des années 60. Si le bassiste quitte l'aventure assez rapidement, lors de la formation par Cropper de Booker T & The Mg's, un groupe maison pour le label Stax, il rapplique assez rapidement. Ainsi si sur l'enregistrement le plus connu de Booker T Green Onions, Dunn n'est pas présent, c'est lui qui deviendra le bassiste attitré de la formation dès 1964.
Il faut bien comprendre que Booker T & The Mg's était avant tout un groupe d'accompagnement et de studio pour les stars du label Stax. Ils ont donc enregistré énormément d'albums sous le nom de star comme Otis Redding par exemple. Le directeur de Stax leur a permis aussi d'enregistrer nombre d'albums en leur nom dont certains sont aujourd'hui encore incontournables.

 Hip Hug-Her est le premier gros succès de Booker T après le fameux Green Onions, l'album sort en 1967 et le titre éponyme se classe très rapidement dans les charts.
Ecoutez Hip Hug-Her

Mc Lemore Avenue est un album sorti en 1970, la pochette est un clin d’œil à celle des Beatles Abbey Road. Mais l'hommage ne s'arrête pas là car le groupe reprend des titres des Beatles sur l'ensemble de l'enregistrement.
Ecoutez McLemore Avenue

L'album Melting Pot est différent par la conception des morceaux. En effet l'improvisation est omniprésente et les thèmes sont moins faciles, on se rapproche d'un jeu jazz.
Ecoutez Melting Pot

Grâce au label Stax, le groupe de Booker T enregistra avec beaucoup d'artistes et Dunn pu participer à des albums mythiques:

Avec Albert King, le célèbre bluesman sur Born Under A Bad Sign et aussi Bill Withers sur l'album Just As I Am.
Ecoutez Born Under A Bad Sign
Ecoutez Just As I Am

Avec Wilson  Pickett sur l'album In The Midnight Hour et le chanteur Eddie Floyd pour Knock On Wood.
Ecoutez Knock On Wood
Ecoutez Fathers And Sons

Avec Muddy Waters pour l'album Fathers & Sons, et avec beaucoup d'autres artistes mais la collaboration la plus importante en tant que sideman sera sur les enregistrements d'Otis Redding et les incontournables Pain In My Heart, Dock Of The Bay et Soul Album.








Ecoutez Dock Of The Bay
Ecoutez The Soul Album

A la fin des années 70, Dunn et Cropper sont engagés par Dan Akroyd et Jon Belushi pour assurer le line up des Blues Brothers à l'émission de télévision Saturday Night Live. Les 2 acteurs chanteurs sont là pour assurer des skteches musicaux. C'est en 1980 que le film Blue Brothers va faire connaître au monde entier le visage de Donald Dunn qui pour ce film joue son propre rôle. Mais les Blues Brothers ne vont pas s'arrêter là et vont enregistrer une dizaine d'album dont les bandes originales des deux films, en effet une suite Blues Brothers 2000 verra le jour.
Merci a Duck pour la fameuse ligne de basse de Everybody Needs Somebody qui me donne invariablement envie de bouger mon popotin et d'essayer de danser comme Akroyd et Belushi.




C'est la fin de cet hommage en trois épisodes merci à ces artistes d'exception d'avoir enrichi notre vie par leurs musiques inoubliables.